M-Kesho fait du porte-monnaie mobile un véritable compte bancaire

Par 20 mai 2010 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Afrique
cochon a cote d'un mobile

Le service de m-paiement lancé au Kenya par Safaricom et Equity Bank permet à ses utilisateurs de mettre de l'argent sur un compte rémunéré et d'accéder à des services de micro-crédit et micro-assurance.

Les solutions de m-paiement type, au Kenya, M-Pesa (Safaricom), Zap (Zain) ou YuCash (Yu) permettent de transférer de l'argent de personne à personne, ou de payer son loyer, des factures d'eau et d'électricité sans se déplacer. Autant de services auparavant difficiles d'accès pour des individus non bancarisés, une majorité dans les pays émergents. Mais les comptes sur lesquels les utilisateurs déposent de l'argent n'étaient jusque là pas actifs et fonctionnaient plus comme une solution alternative que comme un compte bancaire. Soit comme un moyen d'échange et non d'épargne. Voilà qui devrait changer avec le lancement cette semaine de M-Kesho par Safaricom et Equity Bank. Le système permettra aux utilisateurs de M-Pesa de déposer ou de retirer de l'argent sur un compte qui sera rémunéré. "Le taux d'intérêt variera de 0,5 % par an pour un compte contenant jusqu'à 2000 KSH jusqu'à 3 % si plus de 10 000 KSH y ont été déposés", explique à L'Atelier Pauline Vaughan, responsable de M-Pesa.

Compte rémunéré et micro-crédit

Les utilisateurs pourront aussi profiter directement de micro-prêts et de produits de micro-assurance. Pour cela, il leur faudra envoyer une requête par SMS à la banque. "Celle-ci accèdera aux transactions effectuées dans les six derniers mois par la personne sur son compte M-Pesa pour calculer le taux du prêt", poursuit la responsable. Et d'ajouter : "Equity Bank pourra aussi accéder aux opérations effectuées sur les autres potentiels comptes du demandeur". L'argent sera ensuite transféré directement sur le compte. "Le micro-crédit sur mobile existe déjà depuis plusieurs années en Afrique, au moins depuis 2008 pour Zap", nuance Philippe Torrès, directeur du conseil à L'Atelier. "Mais ce qui est important avec le rapprochement de Safaricom et d'Equity Bank, c'est leur réseau et le côté 'officiel', prometteurs d'un développement massif". Constat confirmé par Erik Hersman, fondateur d'Ushahidi et du centre d'innovation iHub.

Un marché qui reste fermé

"Une telle initiative est intéressante car elle ouvre l'accès à un compte bancaire à la majorité de la population", a-t-il approuvé lors d'un entretien avec L'Atelier. "Mais", alerte-t-il, "j'aurais aimé que Safaricom noue ce partenariat avec plus d'une banque. Les systèmes de m-paiement qui ne sont pas ouverts posent problème". Et d'ajouter : "Ce dont nous avons besoin, c'est d'un opérateur et d'une banque qui le soient". C'est-à-dire qu'un utilisateur qui utilise Zain et qui a un compte chez Barclay's doit pouvoir envoyer de l'argent à quelqu'un qui utilise M-Pesa, avec Equity Bank. "Ici, il s'agit d'un objectif de croissance à court terme. Le long terme ne leur est pas encore accessible parce qu'ils sont trop centrés sur leur base de consommateurs", poursuit l'entrepreneur. Le montant minimum de dépôt requis pour en ouvrir un est de 100 shillings (KSH). Soit un peu plus d'1 euro. Les cinq dernières transactions seront aussi consultables sur son téléphone.

Haut de page

1 Commentaire

M-Kesho appartient à Safaricom? N'y a-t-il pas déjà M-Pesa.

En fait, qu'en est-il du paiement en ligne en m-payment? Car je pense qu'il y a déjà PESAPAL (www.pesapal.com) au Kenya non?

Soumis par rrandriano - le 11 mai 2012 à 14h45

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas