Quand la machine explore les pensées visuelles

Par 06 mars 2008
Mots-clés : Smart city

Des chercheurs de Berkeley ont développé un modèle informatique capable de "deviner" une image perçue par un individu. Un autre pas important pour la conception de machines capables de lire les pensées est franchi.

La pensée des êtres humains pourrait bientôt ne plus avoir de secret pour les machines. S'il était déjà possible de décrypter des intentions de mouvement, des chercheurs de l'université de Berkeley ont fait des avancées significatives dans le décryptage de l'activité du cerveau. Des travaux qui leur ont permis de développer un modèle informatique capable de déterminer ce qu'une personne est en train de visualiser par la simple étude de son activité cérébrale, ce avec un degré de précision jamais atteint. "Les résultats obtenus suggèrent qu'il sera bientôt possible de reconstituer nos expériences visuelles à partir de l'analyse de l'activité du cerveau", déclare le chercheur Kay Kendrick.
L'informatique lève le voile de la perception
C'est en procédant à des expérimentations d'imagerie par résonance magnétique (IRM) que le groupe de recherche a pu corréler la vision d'images spécifiques à des "réactions cérébrales". En relevant l'activité du cerveau de volontaires auprès desquels des milliers d'images ont été diffusées, l'équipe de Berkeley a été en mesure de définir un modèle informatique. Celui là même qui leur a permis de déterminer avec exactitude quelles images les sujets ont pu observer lors d'un test de visualisation aléatoire, réalisé ultérieurement. Une approche quantitative du "champ réceptif" qui permet en effet de systématiser l'interprétation de l'activité du cerveau, selon les chercheurs. Et donc de "deviner" quelle image l'homme perçoit à un moment M, y compris des formes relativement complexes.
Déterminer les pensées
"Cette technique pourrait s'avérer particulièrement performante dans les domaines de la recherche sur les perceptions visuelles ainsi que pour le décryptage des réponses motrices", indique John-Dylan Haynes du Max Planck Institute au journal en ligne News Scientist. Il serait par ailleurs envisageable que ce modèle soit appliqué directement aux pensées. C'est-à-dire de décoder ces dernières à des fins qu'on peut aisément imaginer pour des applications d'interface informatique, de prothèses contrôlées par le cerveau, voire dans les domaines du marketing. "Le problème est qu'il est très difficile de développer ce genre de modèles pour d'autres types de pensées complexes, comme la mémoire ou encore les intentions", modère le scientifique.

L'Atelier BNP Paribas

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas