«La maison connectée nécessite une démocratisation du haut débit»

Par 07 mai 2004
Mots-clés : Future of Retail

Une planète connectée… Et si nous commencions par une maison connectée ? Cela fait longtemps qu’il en est question, mais c’est seulement aujourd’hui que l’on assiste aux premières commercialisations de produits...

Une planète connectée… Et si nous commencions par une maison connectée ? Cela fait longtemps qu’il en est question, mais c’est seulement aujourd’hui que l’on assiste aux premières commercialisations de produits. Philips, par exemple, lancera le mois prochain les premiers appareils permettant au consommateur d’interconnecter les équipements informatiques et audio-vidéo de son foyer. François Caroff, coordinateur des projets « Connected Planet », une division transversale de Philips.

Atelier - François Caroff, bonjour. Pouvez-vous nous expliquer ce que le concept de maison connectée signifie, pour Philips ?

François Caroff - Chaque acteur du secteur peut donner sa définition de la maison connectée. Pour nous il s’agit d’une nouvelle ère d’utilisation de l’audio et de la vidéo : c’est l’utilisation de formats numériques sur l’ensemble des contenus multimédia. Après une première ère dominée par la réception terrestre, les cassettes VHS, ou encore la photo argentique, les années 2000 et 2010 voient la numérisation de l’équipement audio et vidéo, avec la télévision par ADSL, les DVD, la photographie numérique, etc.

Pour nous, fabricants de matériels, c’est une réelle aubaine d’assurer une plus grande qualité audio et vidéo sur des supports inaltérables et de bénéficier de la puissance du traitement informatique pour la diffusion du contenu multimédia (via Internet par exemple).

A - Qu’est-ce qui encourage aujourd’hui le démarrage de cette nouvelle ère de la maison connectée ?

F.C. - Deux choses : l’évolution de l’équipement PC et Internet – le haut débit surtout – et le développement des contenus multimédia.

Pour commencer, 43 % des foyers français possèdent un PC. Au minimum, parce que les ménages qui en comptent plusieurs se multiplient. Et surtout le haut débit avance à grands pas ; à tel point qu’en 2005 les fournisseurs d’accès Internet prédisent que 35 % des foyers seront connectés à l’Internet haut débit. Au sein de Philips nous nous basons sur une vision simple, exprimée par Gottfried Dutiné, le président de Philips Consumer Electronics : « Le haut débit ne se mesurera plus en terme de pénétration dans les foyers, mais cela deviendra aussi indispensable que l’eau ou l’électricité » !

Clairement, aujourd’hui, le marché pour la connexion des appareils audio et vidéo à Internet existe…

A - Grosso modo, ce que vous proposez est de permettre aux utilisateurs de regarder leurs photos ou de charger un DivX sur la télévision, d’écouter un MP3 dans son salon ? En termes d’usages, est-ce que cela intéresse réellement les consommateurs ?

F.C. - Bien sûr. Des études de marché ont été faites à ce sujet, et elles montrent clairement que le contenu numérique ne doit plus être cantonné à l’ordinateur familial. Il faut qu’il entre dans les espaces de vie commune de la maison, pour que les membres du foyer puissent le partager.

A - Y a-t-il des solutions que Philips prévoit de commercialiser prochainement ?

F.C. - Au mois de juin, puis au moins de septembre, le groupe va commercialiser plusieurs offres assurant la communication du PC avec les équipements de la maison : télévision, chaîne Hi-Fi, etc.

A – Pratiquement, comment la communication entre le PC et les appareils est-elle assurée ?

F.C. - Grâce à une liaison Wi-Fi. Mon ordinateur est équipé d’un émetteur, qui par liaison sans fil va transmettre les données à mes équipements audio et vidéo, intégrant eux-mêmes un récepteur de données. En plus de cette fonctionnalité, que nous avons baptisée PC Link et qui assure le transfert des données audio et vidéo, il existe une seconde offre, composée de services sur Internet. Sur ce volet, Philips est en contact avec des partenaires qui fourniront des services Internet de divertissement sur l’équipement audio / vidéo de nos clients. Je pense notamment à Yahoo, à Virgin ou encore au jukebox en ligne Musicmatch.

A - A court et moyen termes, quels sont les cibles clientes de Philips ?

F.C. - A court terme, Philips vise les acheteurs d’appareils photo numériques, d’ordinateurs, de produits intégrant le format mp3 ou DiVx, et bien entendu les abonnés Internet haut débit. Et à moyen terme, ce sont les utilisateurs intéressés par des nouveaux services comme la voix sur IP, la télévision par ADSL, la vidéo à la demande, etc. que nous serons amenés à proposer par la suite.

A – Selon vous, pour quelles raisons les services liés à la maison connectée ne commencent à émerger qu’aujourd’hui ?

Comme je l’ai précisé, le développement de l’Internet haut débit est un facteur essentiel pour l’interactivité des divers objets qui composent l’habitat moderne. Ceci dit, il peut être effectivement surprenant d’observer que les voitures, par exemple, bénéficient de certaines automatisations depuis un moment. Je peux ouvrir la portière de ma voiture d’une simple pression sur ma clef, mais je ne peux toujours pas ouvrir la porte de mon appartement avec mon téléphone portable.

Selon moi, ce qui a sans conteste freiné le développement de la maison connectée, c’est le coût des technologies. Aujourd’hui, ce problème va être résolu avec le temps, les équipements vont se démocratiser. L’autre frein, c’est la protection des données personnelles et la sécurité des réseaux. Aujourd’hui, les solutions se développent pour assurer ces deux éléments essentiels.

Propos recueillis par Anaïs Grassat et Jean de Chambure

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