La maîtrise technologique influence la réussite universitaire

Par 09 avril 2010 1 commentaire

Aux Etats-Unis, de nombreux cours nécessitent une utilisation soutenue du web ou de logiciels. Un pré-requis qui peut écarter les étudiants ne disposant pas de ces compétences du parcours choisi.

Les connaissances en informatique et en technologies de l'information dont dispose un étudiant à son entrée à l'université déterminent en partie sa réussite universitaire, interpelle une chercheuse de l'université de l'Oregon. Selon elle, un grand nombre de cours nécessitent de maîtriser Internet ou d'utiliser des logiciels. Le problème, regrette-t-elle dans une étude, c'est que les universités partent du principe que la fameuse Génération Y dispose de ces compétences, et ne se préoccupent pas de le vérifier à l'entrée. Résultat : la présence ou l'absence de telles connaissances a un impact réel sur l'orientation et le succès de l'élève. Et, à terme, sur sa carrière. "Les universités perpétuent plutôt qu'elles ne résistent aux inégalités associées à la fracture numérique", regrette Joanna Goode, auteur de l'étude et professeur assistant en sciences de l'éducation à l'université.
Un sentiment d'illégitimité
"Si les élèves n'ont pas été sensibilisés aux technologies, dans leur vie privée ou au lycée, ils se montrent mal préparés face à une variété d'options pourtant déterminantes pour la suite de leurs études et de leur parcours", note-t-elle. Et d'ajouter : "Une bonne préparation, chez soi ou en cours, peut vraiment aider au succès universitaire. Au contraire, une mauvaise donne un sentiment de non adéquation avec les formations proposées et d'illégitimité et réduit du coup les perspectives". La chercheuse s'est intéressée à cinq cents étudiants, dont elle a étudié le niveau de connaissances informatiques. Puis en quoi les compétences qu'ils avaient ou dont ils manquaient avaient une influence sur leurs études. Elle s'est particulièrement penchée sur le cas de trois élèves, ayant des compétences informatiques allant du strict minimum à très élevées. L'élève n'ayant pas un bagage très rempli a dû changer d'orientation et passer d'une majeure scientifique à une autre en langues.
Une modification de la définition de fracture numérique
La raison : elle ne savait pas comment accéder à des bases de données en ligne nécessaires à la réalisation d'un devoir, ni maîtriser l'un des logiciels utilisés en cours. Elle ne savait pas non plus en y entrant que l'université proposait un accès gratuit à Internet. Ce constat modifie la définition de la fracture numérique telle qu'elle est généralement perçue, juge Joanna Goode : soit comme la différence entre les personnes ayant un accès effectif à l'informatique et aux technologies de l'information et celles dont il est limité. Selon la chercheuse, il faudrait plutôt parler de la manière dont la connaissance et l'utilisation d'un ordinateur et de logiciels créent des opportunité ou des obstacles en terme d'éducation et de carrière. Cette étude fait écho à une autre récemment menée par l'université de Northwestern, et qui s'est intéressée aux liens entre connaissances numériques et contexte socio-économique.

Haut de page

1 Commentaire

Hello,

j'ai toujours pensé qu'une partie de mon parcours scolaire était du à ma calculatrice Texas Instrument - TI89 (et un peu plus tard, avec mon iPhone). J'ai été le premier à être étonné que certains étudiants école d'ingénieurs ne savent pas utiliser les outils Offices de Microsoft, pourtant, ils ne reçoivent aucun cours sur l'utilisation de ces applications, pourtant, c'est souvent leur utilisation de ces applications qui est noté (lorsqu'on note "la forme" d'un rapport de stage ou de mission de fin d'étude, ce n'est pas de l'art, c'est de l'utilisation du logiciel qu'il est question !

Soumis par Zit (non vérifié) - le 26 avril 2010 à 08h47

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas