En Malaisie, la traduction automatique préserve les cultures locales

Par 27 juillet 2009 2 commentaires
Mots-clés : Smart city

Avec plus de trente langues différentes, le pays peine à amener la population vers le web. Solution : rendre les langues locales traduisibles automatiquement et exportables sur Internet.

La Malaisie veut accélérer l'accès à Internet sans obliger les populations à faire une croix sur leurs dialectes. Tout du moins en ligne. Pour cela, elle a lancé en partenariat avec l'université Malaysia Sarawak un système capable de traduire automatiquement des sites en anglais en en malaisien dans la langue de l'utilisateur. Et à l'inverse, de reconnaître le langage utilisé par la personne et de convertir ses phrases dans les deux langues. Celle-ci se base sur le procédé nommé "Example Based Machine Translation" (EBMT). Le système fonctionne par analogie et apprend au fur et à mesure qu'il est utilisé. Il va reconnaître une structure de phrase rédigée dans la langue d'origine en se focalisant sur une base de données.
Une traduction automatique et des dictionnaires qui s'enrichissent
Il pourra alors la traduire et ensuite rajouter les mots manquants par déduction. "Par exemple pour traduire la phrase 'je vais à l'école', la machine va reconnaître une phrase similaire qu'elle a en mémoire comme 'je vais en ville', garder 'je vais en' et ajouter ensuite le mot manquant", explique à L'Atelier Alvin W. Yeo, professeur à l'université de Sarawak. La traduction est faite automatiquement, "toutefois il faut rentrer manuellement un plus grand nombre de phrases régulièrement pour améliorer la traduction" précise-t-il. A cela s'ajoute un système d'analyse morphologique qui va identifier la racine du mot afin de le retrouver dans un dictionnaire en ligne, et le rajouter si besoin est.
Un outil pour préserver les langues indigènes
Grâce à ce système, le gouvernement malaisien espère préserver les cultures orales de ses minorités, mais également réduire la fracture numérique en permettant aux usagers de naviguer sur Internet et d'exporter les langues indigènes sur la Toile. Ce logiciel doit également servir à accéder aux services gouvernementaux mis en ligne et augmenter les ressources disponibles dans les langues locales. "Ce processus permettra d'éviter une extinction de ces dialectes dans le futur au profit de l'anglais et du malaisien", conclut le professeur.    

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2 Commentaires

Très intéressant! Toutes les nations multi-ethniques se confrontent de nos jours a l'abandon des langues locales, il faut du bien de voir que certains décideurs s'y préoccupent.

Malheureusement les traductions automatiques sont utilisables seulement dans des contextes informels (les erreurs de traduction sont toujours nombreux). Pour les traductions « serieuses » (affaires, contrats), les traducteurs professionnels humains sont indispensables (ou alors bonjour les problèmes).

Soumis par Adina Barvinschi (non vérifié) - le 11 août 2009 à 08h48

mati kita

Soumis par ipek (non vérifié) - le 03 février 2010 à 10h30

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