Malgré les filtres, les tweets peuvent divulguer la localisation de leur utilisateur

Par 25 octobre 2013
Twitter localisation

Le débat sur les données personnelles notamment les données de localisation est aujourd’hui global. Une nouvelle étude vient fournir des armes aux opposants du ciblage publicitaire forcé et émet même des craintes quant à la sécurité des individus.

Au-delà des méthodes de suivi de l’emplacement actif ou des coordonnées GPS, 2,2% de l’ensemble de tweets fourniraient des données dites « ambiantes » de localisation. En effet, de nouveaux travaux de chercheurs de l’USC ont mis en lumière le fait que des utilisateurs de Twitter pouvaient révéler par inadvertance leur localisation et que la simple analyse sémantique d’un tweet ou d’un mot clé ou encore le tag de photos peuvent suffire. Ainsi, l’étude révèle qu’un gazouillis sur cinq d’apparence anodine permet de repérer un individu avec un niveau de précision à l’échelle de la rue ou plus exactement encore.

4,4 millions de tweets par jour susceptibles de donner l’emplacement d’un individu.

La raison à cela est que si certains utilisateurs peuvent choisir de renseigner leur position à chaque tweet, l’écrasante majorité des utilisateurs (94%) n’ont pas choisi de cocher cette option. Pourtant, en utilisant l’API du réseau social, Chris Weidemann, un étudiant diplômé en information géographique science et la technologie a réussi à développé une application appelée Twitter2GIS qui permet donc d’identifier la position des tweets des  utilisateurs. Ainsi, en plus de l’analyse sémantique des tweets, ce sont les métadonnées collectées par Twitter dont la ville natale de l’utilisateur, le fuseau horaire ou la langue qui sont analysées par l’application. “Il y a toutes sortes d'informations qui peuvent être tirées de choses en dehors du tweet lui-même” déclare-t-il.

Créer une prise de conscience collective
 

Le “hashtag” #doyouknowwhoswatchingyou ?, c’est le nom de code de cette étude. Inquiétant, ce mot clé l’est à dessein. En effet, d’un naturel plutôt méfiant, Weidemann avait une utilisation plutôt conservatrice de Twitter. Ne voulant pas divulguer sa position, il avait pris soin de ne pas activer l’option de traçage. Cependant, sa surprise fut grande lorsqu’il analysa son propre compte à l’aide de l’outil qu’il avait mis en place. “Cette recherche a été aussi amusante qu’effrayante” a-t-il déclaré.  Car au-delà des applications commerciales qui pourraient être tirées de ces données, ”l'exploitation de ce genre d'information pourrait également offrir les possibilités d'un usage criminel des données”, a déclaré Weidemann.

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