Malili : la compétitivité passe par un environnement high-tech unifié

Par 27 mai 2010
Mots-clés : Smart city, Afrique

A l'instar d'autres pays comme la Malaisie ou la Corée du sud, le Kenya travaille sur une cybercité dédiée à attirer massivement entreprises technologiques et investisseurs.

"Les multinationales high-tech comme Microsoft, IBM, Google, HP ou encore Oracle ont une antenne au Kenya. Bureau depuis lequel elles gèrent leurs activités dans toute l'Afrique de l'est", explique à L'Atelier Eunice Kariuki, directrice marketing de l'observatoire gouvernemental ICT Board. Le pays est en effet souvent considéré comme un hub régional, en partie grâce à des infrastructures de communication de qualité, une population anglophone ou encore un environnement légal assez souple. Autant de critères qui motivent le gouvernement à miser sur le secteur technologique pour améliorer la compétitivité du pays. Pour cela, il travaille sur un projet de parc technologique, baptisé Malili. "Cette cybercité a pour but d'ouvrir l'économie aux investisseurs high-tech. Notre but est d'attirer des entreprises nationales et internationales et surtout de créer des emplois à l'horizon 2030", ajoute la responsable.
Un changement de perception du rôle des technologies
La ville s'adresse particulièrement aux compagnies de services IT et aux activités d'outsourcing. Quand on lui demande pourquoi rien d'équivalent n'a pas été entrepris plus tôt, Eunice Kariuki souligne un manque d'implication gouvernementale et un changement de la perception du rôle des TIC au niveau de l'économie. "Le potentiel de ce secteur n'a pendant longtemps pas été apprécié à sa juste valeur", note-t-elle. Avant d'ajouter : "Il est désormais considéré comme le plus important créateur d'emplois. Ce qui fait que maintenant les financements affluent et des politiques de régulation ont été votées". La Technopolis sera connectée au très haut-débit via la fibre et les câbles sous-marin. Comme ses équivalents coréens ou malaisiens, le site intègrera des hôtels, des hôpitaux, des écoles mais aussi des centres commerciaux.
Un financement public et privé
Malili sera financé à la fois par le gouvernement - notamment en ce qui concerne les infrastructures de communication, d'énergie et d'eau - et par des fonds privés. C'est d'ailleurs tout l'enjeu du projet, qui nécessite que le pays soit considéré comme un terrain d'affaires suffisamment attractif pour susciter d'importants investissements. Petit bémol : la smart city est prévue pour être déployée à une soixantaine de kilomètres de Nairobi, accessible via une route extrêmement fréquentée et sujette aux embouteillages permanents. Une difficulté d'accès qui risque d'encourager certains à rester dans la capitale, lieu pour le moment considéré comme le seul centre d'affaires. Pour favoriser l'implantation de nouvelles entreprises, les responsables du projet proposeront cependant à celles-ci de s'installer à proximité du futur lieu du technopôle.

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