"Le marché de la télévision connectée est encore à conquérir"

Par 30 septembre 2011
Mots-clés : Smart city, Amériques, Asie, EMEA
TV connectée

De nombreux acteurs fourbissent leurs armes pour s'imposer. La qualité de service et le nombre de fonctions proposées constitueront des clés importantes de succès

Interview avec Alexandre Lafond, directeur de Mediactive.

L'Atelier: Comment peut-on caractériser la télévision connectée?

Alexandre Lafond :En premier lieu, il faut savoir que ce que l'on nomme télévision connectée peut se diviser en deux branches. Il y a tout d'abord la "TV connectée". Le principe est de rassembler toutes les fonctions connectées au sein de la télévision elle-même. Cette dernière ne nécessite donc aucun apport matériel externe. On trouve d'autre part l'IPTV, qui est une offre fournie par les grands opérateurs TV (Free, Orange...), et qui permet à travers un boîtier d'ajouter les fonctions connectées en question à une télévision classique. Ces fonctions sont extrêmement diverses : enregistrement d'émission, VOD, accès à des services Internet, à des jeux en ligne...

Quelles différences peut-on souligner, en terme d'expérience, selon le type d'offre choisie?

Les deux produits risquent d'engendrer une évolution profonde du paysage télévisuel, mais chacun à sa façon. Dans le cas des opérateurs IPTV, c'est l'apparition de contenu vidéo téléchargeable qui va constituer un changement intéressant. A l'inverse, les fabricants de TV connectées ne possèdent pas les droits pour fournir de la VOD, ou pour réorienter le consommateur vers des chaînes payantes. Par défaut, ils devront donc axer leur activité sur l'expérience ludique. Dans les deux cas, le changement majeur va être l'accroissement de l'interaction entre la télévision et les autres outils numériques, tels l'ordinateur, ou les smartphones des utilisateurs. A terme, la télévision connectée devrait constituer une sorte d'amalgame entre une télévision usuelle, un ordinateur, et une console de jeux.

Avec l'arrivée de nouveaux acteurs, tels Google ou Apple, comment la hiérarchie du secteur va-t-elle se dessiner?

Là encore, les potentiels diffèrent en fonction des entreprises. Prenons tout d'abord la TV connectée. Dans le cas d'Apple, la très grande base de données dont ils disposent via iTunes constitue un potentiel important. Quant à Google, malgré les relations tendues que la société entretient avec les majors de diffusion (ABC, CBS...), le rachat de Motorola leur permet de faire une entrée remarquée sur le marché des équipements. Enfin, sur le marché de l'IPTV, Free possède une longueur d'avance conséquente, du fait de la qualité des logiciels et des interfaces fournis aux consommateurs. A terme, il est plus que probable que l'actuel éclatement du marché disparaisse au profit d'une concentration dans les mains de quelques gros opérateurs. Et les plus gros fournisseurs actuels ne sont absolument pas assurés de l'être encore une fois que le marché sera arrivé à maturité.

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