Le marché du e-commerce italien arrive doucement à maturité

Par 20 octobre 2006
Mots-clés : Future of Retail, Europe

C'est une bonne nouvelle pour l'Europe : le chiffre d'affaires du commerce électronique dans les cinq principaux pays d'Europe de l'Ouest (Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie et Espagne)...

C'est une bonne nouvelle pour l'Europe : le chiffre d'affaires du commerce électronique dans les cinq principaux pays d'Europe de l'Ouest (Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie et Espagne) devrait totaliser 76,7 milliards d'euros en 2006, soit une progression de 36 % par rapport à 2005. Sur les 25, l'Italie se classe en avant-dernière position, devant l'Espagne, avec 4 milliards d'euros alors que la Grande-Bretagne domine largement le marché avec 38 milliards d'euros de CA !
 
Le développement du e-commerce en Italie s'est tout de même imposé comme une tendance économique irréversible même si il suit des rythmes qui diffèrent sensiblement de ses voisins européens. Il semblerait que le vrai boom économique ne se soit pas encore produit.
 
Par exemple, les Italiens ne semblent pas s’être totalement convertis aux achats en ligne. Selon une étude d’e-Marketer, qui se base sur différentes sources, contrairement aux internautes britanniques, qui sont 73 % à effectuer des achats via le Net, les Italiens arrivent encore en fin de classement avec 28 % d’acheteurs en ligne, loin derrière l’Allemagne (66 %), la France (57 %) et l’Espagne (28 %). Il est par ailleurs intéressant de constater que le nombre de cyberacheteurs italiens n’a pas augmenté entre le premier trimestre 2005 et celui de 2006. Ce qui est loin d’être le cas pour les autres pays européens. La marge de progression du marché de l'e-business transalpin semble donc encore large...
 
Si les Italiens ne sont pas encore de fervents adeptes de l’e-commerce, c’est tout de même eux qui sont le plus attentifs aux prix des produits vendus sur le Net. Selon un rapport Nielsen/NetRatings, pour 43 % des Italiens, la seule raison d’acheter sur Internet est que le prix proposé est plus intéressant par rapport à ceux pratiqués dans les boutiques traditionnelles. C’est un des taux les plus élevés parmi les pays d’Europe, puisque la moyenne européenne tourne aux alentours de 37,9 %.
 
Néanmoins, même si le fait d’acheter des produits en ligne n’est pas autant entré dans les mœurs en Italie qu'en Grande-Bretagne ou en Allemagne, le marché italien du e-commerce a augmenté de 400 % entre 2000 et 2004. Tout doucement donc, acheter en ligne devient un fait naturel. Cette tendance positive est renforcée par l’augmentation continuelle du nombre d’internautes et de cyberacheteurs, qui sont constitués en majorité de femmes de 25 à 45 ans, avec un niveau social moyen-élevé.
 
En outre, l’e-commerce italien est constitué de secteurs-clés comme les transports et le tourisme (42 % du marché global du commerce en ligne) : lastminute.it, par exemple, rencontre un énorme succès avec plus de 500 billets vendus par jour. Des secteurs comme la vente d’équipements électroménagers et d’informatique, les assurances ou les biens culturel (disques, livres, DVD) ont atteint leur taux de rentabilité sur le Net.
 
Par ailleurs, il existe en Europe autant de contextes de paiement en ligne qu'il y a de pays. Les Italiens sont 48 % à préférer régler leurs achats sur Internet par un prélèvement automatique ou par virement bancaire, contre 58 % en Belgique et 64 % en Allemagne.
 
Reste que d’après les projections d’e-Marketer, le marche de l’e-commerce devrait plus que doubler en Europe de l’Ouest d’ici 2010 pour atteindre les 187,6 milliards d’euros. L’Italie a donc encore de belles perspectives de croissance devant elle...
 
Anne Confolant, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 20/10/2006)

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