Le marché Internet russe va profiter de la crise

Par 26 février 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

Le web russe, non encore parvenu à maturité, est un secteur porteur pour les investissements même en temps de crise. Il reste toutefois difficile à pénétrer pour les investisseurs étrangers. Entretien.

Explications avec Adrien Henni, consultant associé chez Sindbad Consulting
L'Atelier : De nombreuse études montrent le marché high-tech russe comme une source importante de profit malgré la crise. Comment expliquez vous cela ?
Adrien Henni : Le nombre d'utilisateurs d'Internet ne cesse de croître : il a été multiplié par sept sur les six dernières années. Et ce chiffre va encore croître : la population qui utilise régulièrement Internet est encore deux fois inférieure à la plupart des pays occidentaux, et des millions de Russes ne sont pas encore reliés. De plus, le haut débit s'est généralisé dans les offres, ce qui permet aux publicitaires d'utiliser des instruments modernes afin de promouvoir leurs produits. Cela laisse des perspectives intéressantes pour tous les investisseurs et les marques qui veulent atteindre un marché qui n'est pas encore saturé par la publicité.
Quels services devraient selon vous engendrer les revenus les plus importants ?
Les services publicitaires fonctionnent bien ! Les Russes sont avides de consommer. Les principales recettes Internet sont issues du marché publicitaire, ce qui est aussi un signe de fragilité car il n'y a pas assez de diversification des revenus. Malgré tout ce secteur devrait encore croître régulièrement dans les années à venir, et malgré la crise. Il devrait même avoir un effet post-crise positif très important. (*)Bien que ce dernier connaisse une croissance importante, il n'est encore qu'en phase de développement. La plupart des services sur Internet sont gratuits, même sur les sites de rencontre. De plus les Russes ne font pas confiance au commerce par Internet et sont encore rétifs à payer sur les boutiques en ligne. Il existe de gros problèmes de livraison ce qui fait que les gens préfèrent payer à réception. Certain achètent tout de même sur des sites type Amazon et se font livrer par DHL.
Le marché est toujours marqué par la prédominance des acteurs nationaux. Quelle raison peut on trouver à cela ?
Il existe une forte résistance culturelle. La barrière de la langue et la forte identité nationale sont deux raisons qui peuvent l'expliquer. Les grands acteurs de l'Internet comme Facebook ou Google sont bien présents sur le marché mais ne parviennent pas à supplanter les acteurs locaux. A titre d'exemple le réseau social Odnoklassniki.ru compte une fois et demi plus d'adhérents que Facebook. De plus les russes protègent les sites qu'ils estiment d'intérêt stratégique. Par exemple Google s'est vu refuser l'achat de Yandex (un moteur de recherche), ce dernier étant le site Internet le plus utilisé en Russie. De même que les boites aux lettres Gmail restent bien moins utilisées que celle de mail.ru. En Russie, business et culture sont liés.
(*) Publié à l'origine : Le e-commerce connaît lui, par contre, un développement difficile (06/03/2009).

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