Les sous-marins deviennent autonomes et communicants

Par 09 juin 2008

L'université de Washington développe des robots sous-marins capables de dialoguer entre eux. Chacun aura un rôle, celui de meneur ou de suiveur. But : accomplir des missions de grande envergure.

Des robots aquatiques permettent déjà d’explorer des endroits souvent inaccessibles à l’homme comme les environnements sous-marins. Seul problème : il leur est nécessaire de remonter ponctuellement à la surface pour obtenir des instructions ou pour communiquer avec d’autres robots chargés d’une tâche équivalente. Une chercheuse de l’université de Washington, Kristi Morgansen, annonce avoir développé trois robots capables de communiquer entre eux sous l’eau. Une autonomie qui leur permet d’accomplir des actions avec une certaine spontanéité sans avoir à revenir à la surface pour récupérer d’autres informations. L'objectif est de mettre en place des équipes de robots composées de meneurs et de suiveurs. Tous étant aptes à remplir ensemble une mission.
Imiter les comportements naturels
Pour leur permettre de communiquer, la chercheuse et son équipe se sont inspirés des rapports que les véritables poissons instauraient entre eux. Ils en ont entraînés plusieurs dans le but de leur apprendre à réagir à un certain stimulus afin d'obtenir de la nourriture. Résultat de l'étude : dans un banc de poisson, il suffit d'une minorité ayant compris le message pour que l'ensemble de la tribu la suive. Ils ont ensuite développé leurs machines en leur attribuant des rôles à chacun. Concrètement, les robots échangent les informations - direction de nage, etc. - entre eux via des radars à basse fréquence afin de ne pas trop utiliser leur batterie. Selon Kristi Morgansen, la moitié seulement des informations envoyées parvient pour le moment à destination. Pour rappel, la communication sans-fil sous-marine a des précédents : un projet norvégien développe des réseaux Wi-Fi en milieu liquide pour surveiller les mers et ceux qui les peuplent.
Apprendre à coordonner ses mouvements
Ce travail en commun leur permettra d’accomplir des missions de plus grande ampleur, comme le suivi de cibles sous-marines, la cartographie de zones polluées ou l’exploration d’environnements dangereux. Chaque machine a plus ou moins la taille d'un saumon d'une dizaine de livres (cinq kilos). Elle est composée d'ailerons qui lui permettent de se propulser plus aisément dans l'eau. Et qui lui vaut son nom, Robofish. La route est cependant encore longue : un premier test a été effectué à l’intérieur d’une petite surface. Les robots ont été programmés pour nager soit chacun dans sa direction, soit tous ensemble. Le but étant d’étudier la coordination et la logique de leurs mouvements. De nombreux efforts restent encore à être effectués pour leur permettre d’explorer des surfaces plus vastes.

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