"Le marketing social doit privilégier le fond sur la forme"

Par 19 mai 2011
Mots-clés : Future of Retail, Europe
Patrice Bonfy

Pour adhérer à une marque, c'est avant tout le message qui compte.

Entretien avec Patrice Bonfy, co-fondateur de Sociabliz, une agence de développement d'applications sur les réseaux sociaux.

L’Atelier : Comment peut-on définir le marketing social ?

Patrice Bonfy : Je dirais que le marketing social se développe sous deux formes. La première est ce qu’on pourrait appeler "la recommandation produit". Sur une page Facebook par exemple, c’est le conseil d’un individu à un autre individu qui fait partie de ses amis. Cela consiste en fait à répondre à la question : quels sont les facteurs qui me poussent à prendre ma décision d’achat ? Qui me conseille ? La seconde forme, c’est le ciblage. C’est la manière dont on reçoit un message, sa pertinence auprès du consommateur.

Comment développe t-on un message publicitaire ciblé mais non invasif ? 

En fait sur Facebook, pour développer des messages qui vont à la fois recommander et cibler, il faut viser le fond, et non la forme. La preuve en est quand on regarde la page de Facebook, elle est constituée d’un design simple qui n’a rien de séduisant. L’important n’est pas de courir après la 3D ou les vidéos animées qui n’ont pas de réel intérêt dans la décision d’adhérer à une marque via le réseau social. Et pour cela, ce sont les textes et les images qui restent les formats les plus efficaces.

C'est ce que vous faites avec les modules que vous développez pour les marques ?

Oui. En fait, nous nous sommes rendu compte que si les marques étaient plutôt bien présentes sur les réseaux, il n'y avait pas beaucoup d'applications à leur disposition en France pour exploiter le potentiel de communication avec le client et de ciblage. Or il est nécessaire de créer du lien supplémentaire entre les entreprises et leurs consommateurs, une fois qu'une communauté est créée.

Quels outils permettent aux annonceurs de comprendre les choix des consommateurs?

Il y a par exemple, les concours en ligne. Car, même si le taux de réactivité via les mails chute nettement, les internautes sont encore prêts à donner leur adresse et celles de leurs amis pour participer à un concours. Mais il faut s’activer, je veux dire par là qu’il ne faut pas hésiter à entrecouper des concours pour filtrer au maximum l’ensemble de ces renseignements. En somme les marques doivent en apprendre le plus possible sur leur communauté de fans. Ces jeux nous permettent donc de brasser plus de données sur le profil du consommateur, tout en lui offrant un aspect ludique. En revanche, je dirais que la limite  réside dans le fait que les marques ne peuvent pas cibler leurs fans de manière individuelle.

 

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