Média sociaux : les politiques de confidentialité ne rassurent pas les utilisateurs

Par 05 août 2009
Mots-clés : Digital Working

La mise en avant des règles du jeu pour ce qui touche à la gestion des données personnelles inquiète les utilisateurs au lieu de les rassurer. Une anxiété nécessaire ?

Les utilisateurs de réseaux sociaux n'accordent que peu d'importance à la protection de leurs données personnelles. Tout du moins jusqu'à ce qu'on leur en parle, explique l'université de Carnegie Mellon. Faire preuve de transparence et vouloir rassurer les individus en leur certifiant la confidentialité de leurs informations s'avèrerait même contre-productif. Les auteurs ont mené une série de tests auprès d'étudiants. Le but était de savoir dans quel cadre ces jeunes partageaient des données sensibles. Pour cela, ils les ont interrogé sur leurs pratiques académiques, en axant certaines des questions sur des actes répréhensibles (tricher à un examen, plagier un auteur...). Certains ont été informés à l'avance de la nature des questions qui leur seraient posées. Aux autres, il a été dit que les donnés récoltées seraient strictement anonymes.
La politique de confidentialité comme facteur éducatif
Résultat, moins on leur parle de confidentialité, plus les candidats répondent librement. Cette constatation n’étonne pas Xavier Marvaldi, fondateur de Yoowalk. "Les mentions légales sont là pour fournir de l’information aux internautes, mais c’est vrai qu’elles génèrent aussi des questions qui peuvent être anxiogènes". Ce que l'étude montre clairement, c'est que le partage d’informations sur les réseaux sociaux est avant tout une affaire d’environnement. Les mêmes questions auront des réponses très différentes selon qu'elles sont posées dans le cadre d'un questionnaire au design et à l’intitulé fantasque ou qu’elles le sont au travers une étude plus officielle. Une opinion partagée par Xavier Marvaldi : "quand on amène l’utilisateur dans un contexte et un environnement ludique, il se sent plus libre".
Le partage des données, une affaire d’environnement
Il serait pourtant vain de croire qu’il est préférable de ne pas mettre en place de politique de confidentialité. Tout l'enjeu étant du coup dans la sensibilisation des internautes sur le type d'informations qu'ils peuvent divulguer sur les sites et les plates-formes communautaires. "Nous sommes encore dans une phase de découverte», ajoute Xavier Marvaldi. Avant de réaffirmer : "Sur le long terme, ce sont les entreprises qui ont une vraie politique de confidentialité qui feront la différence". Selon lui, l'une des solutions les plus intéressantes réside dans la création d’un label réunissant les grands réseaux sociaux et les sites de e-commerce. Celui-ci ayant pour enjeu d'assurer aux utilisateurs la protection de leurs données.

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