Médias et divertissements, de plus en plus menacés par la concurrence digitale

Par 17 janvier 2014
concurrence

L'apparition de nouveaux acteurs et l'évolution de la structure vers une digitalisation fait évoluer le paradigme existant du marché du divertissement et des médias.

D'ici quelques années, les chercheurs estiment l'importance du digital sur le marché du divertissement et des médias à près de 40% et à plus de 85% en termes de croissance. Et cela serait principalement dû à la pénétration forte des appareils mobiles auprès des utilisateurs, ainsi que le développement d'un réseau Internet sans fil sans cesse plus rapide. C'est du moins ce qu'avance une récente étude publiée par le cabinet PwC, étude qui cherche à mettre en avant les facteurs sous-jacents nécessaires pour comprendre les perspectives d'évolution du marché dans un futur de plus en plus proche. Et c'est justement cette croissance continue qui inquiète les acteurs traditionnels, aussi bien du point de vue de la chaîne de valeur linéaire qui se voit fortement impactée mais surtout vis-à-vis de la concurrence nouvelle sur le marché.

De nouveaux acteurs pour un nouveau marché

Les chercheurs mettent ainsi en avant la multiplicité des supports et des formats. A la différence de la télévision traditionnelle, ceux-ci obligent les producteurs à un travail toujours plus lourd et chronophage, dont l'impact économique n'est souvent pas suffisant, mais nécessaire au niveau de l'image et de l'impérieux "disponible sous tous formats". De même, l'apparition d'acteurs nouveaux, notamment les aggrégateurs de contenus sur Internet, comme Google ou le service Xbox studio de Microsoft, empiètent sur les domaines réservés des producteurs en investissant dans des programmes et modes de visionnement originaux. Ces acteurs, de par leur importance économique et leur relative jeunesse sur ces marchés, peuvent ainsi se permettre des expérimentations qui, dans le même cas, pourraient s'avérer économiquement désastreuses pour les acteurs traditionnels, dépendant de la persistance de leur audimat. Mais si le tableau a beau apparaître sombre, l’étude rappelle qu’il n'en est pas moins prometteur si les acteurs sont prêts à s'adapter.

Plus de flexibilité nécessaire

De fait, le changement dans la chaîne de valeur traditionnelle, en induisant un flexibilité et une réactivité plus grande aux attentes des consommateurs, s'adapte particulièrement à l'intégration des outils analytiques. Via ces systèmes, les producteurs seraient ainsi à même de proposer une même version du produit à plusieurs régions différentes en répondant aux spécificités locales. Ceci induit aussi, à l'image de ce qui s'est déjà passé dans de nombreux secteurs, un passage de l'unilatéral au bilatéral dans l'approche des clients, approche rendue possible et nécessaire par les habitudes prises avec l'Internet. Plus largement c'est le Cloud que mettent en avant les chercheurs de PwC. En effet, le Cloud permet de stocker de multiples versions d'un même produit et ainsi d'y accéder plus facilement, et du côté des consommateurs pourrait permettre une consommation à la demande, par droit d'accès, directement inspiré du modèle Internet. On pourrait ainsi considérer qu'avec l'évolution structurelle du secteur, c'est le modèle chronologique qui va vers la disparition : le téléspectateur, plutôt que d'attendre son programme sera ainsi à même de choisir, parmi l'ensemble des programmes proposés, lequel visionner.

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