"Les médias internes offrent des possibilités mais il ne faut pas travailler avec des avatars"

Par 15 juin 2011
Mots-clés : Future of Retail, Europe
Pascale Porteres Vice présidente du groupe BPI

Si les réseaux sociaux en entreprise peuvent informer les managers de l'activité de leurs salariés, ils ne doivent cependant pas être un moyen utilisé pour évaluer leurs compétences.

Entretien avec Pascale Portères, vice présidente de BPI, une société de conseil en ressources humaines et en management.

Les réseaux sociaux en entreprise sont-ils des indicateurs d'activité ?

Pascale Portères : Oui. En matière de réseaux sociaux internes dans les entreprises, deux choses sont importantes : d'une part le profil, et d'autre part, la capacité du salarié à contribuer à ce réseau. Il doit savoir apporter de la valeur ajoutée, mettre en œuvre des projets mais aussi innover, soulever des questions, et mettre en action ses compétences individuelles sur les réseaux. Tout ceci peut nous renseigner sur son activité. Concrètement, cela passe par l'analyse du contenu des échanges. Ce sont des informations supplémentaires dont on dispose par rapport à ce que l’on sait de lui en dehors du virtuel.

De tels outils peuvent-ils aussi être utilisés pour jauger les compétences des salariés en entreprise ?

Pascale Portères : Je ne crois pas.Les réseaux sociaux peuvent être des indicateurs pertinents pour les managers, en particulier au cours de la phase de recrutement, en complément des données traditionnelles. Dans l'entreprise, ils sont utiles, car ils permettent les échanges entre les collaborateurs. Ils ont ce rôle précieux de créer des ponts, des canaux de communications entre les différents pôles de l’entreprise. Mais les utiliser pour mesurer une quelconque compétence changerait beaucoup leur nature initiale. Ce sont de bons outils de détection et d’animation mais aujourd’hui, les managers ne peuvent pas les considérer comme des outils d’évaluation.

Les réseaux sociaux internes ne remplacent donc pas les méthodes d'évaluation traditionnelles ?

Pascale Portères : Tout à fait ! Sur les réseaux sociaux, il faut garder à l’idée que les profils restent des miroirs déformants aussi bien positifs que négatifs. Voilà pourquoi il faut être très méfiant quant à l’utilisation de ces outils, et en particulier pour jauger la compétence. L’idée n’est pas de travailler avec seulement des profils, ou des avatars. Il faut aussi prendre en compte les différences qui existent entre les salariés, car leur manière de se comporter face aux réseaux sociaux peut varier : certains salariés peuvent être très innovants, communicatifs dans une situation réelle et donc performants. Mais selon les générations, comme certains ne sont pas imprégnés du numérique il ne faut pas juger de leurs compétences uniquement en regardant leur activité sur les réseaux internes.

 

 

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