Médias sociaux : décentraliser les données pour mieux les protéger

Par 14 octobre 2009
Mots-clés : Digital Working

Pour éviter de concentrer toutes les données publiées chez les éditeurs de sites participatifs, un chercheur américain propose de les stocker sur des ordinateurs personnels ou des serveurs ad hoc déportés.

« Quand les internautes partagent des photos ou des opinions politiques avec leurs amis sur les réseaux sociaux, ils les transmettent également au propriétaire du réseau », s’inquiète le professeur Landon Cox, de l’université de Duke. Il propose d’instaurer une architecture réseau qui fonctionnerait en peer-to-peer (pair à pair). Les données individuelles seraient réparties plutôt que d’être centralisées. Pour l'universitaire, le centralisme actuel fait que les données ne sont en effet pas à l’abri de pirates informatiques ou d’employés mécontents. Le chercheur propose donc une solution alternative. « L’idée de base, c’est que les utilisateurs conservent le contrôle et le stockage de leur information et la partageront directement avec leurs contacts, explique Landon Cox.
Stocker les informations sur des Seveurs Virtuels Individuels
« Et ce, sans qu’il y ait de médiation par un site comme Facebook ». L’idée est donc de casser les sites de réseaux sociaux en centaines de millions de fragments, sans perdre en disponibilité ni en performance. Il propose dores et déjà trois pistes de recherche. Dans tous les cas, les utilisateurs chargeront leurs informations personnelles dans ce que le professeur américain appelle un Serveur Virtuel Individuel (SVI). Une première option pourrait être d’héberger le serveur individuel correspondant à chaque réseau social où est inscrit l’utilisateur sur son ordinateur personnel. Le problème, c’est que ces informations ne seraient plus disponibles quand l’ordinateur serait éteint.
Ordinateurs personnels ou serveurs dans les nuages ?
Pour remédier au problème, le professeur propose de répartir les SVI au sein de différents serveurs dans les nuages. Le problème de cette solution est son prix exorbitant. « Mettre un unique serveur dans les nuages coûte environ 50$ par mois », explique Landon Cox. La troisième possibilité qu’il propose d’explorer consiste à conserver les données sur les ordinateurs personnels autant que possible et à passer sur une solution dans les nuages lorsqu’ils sont éteints. Dernière solution, stocker les informations dans différents ordinateurs personnels pour augmenter la probabilité que l’un d’eux au moins soit disponible. Les chercheurs ont 3 ans pour déterminer la faisabilité de ces idées. Une bourse de près de 500 000 $ vient de leur être attribuée par la Fondation nationale pour les sciences.

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