Les médias sociaux influeraient sur le cycle de vie des publications scientifiques.

Par 16 septembre 2013
life cycle

Alors que les réseaux sociaux ont définitivement investi les sphères publiques et privées, qu’en est-il de la communauté scientifique ? Nul doute que des écosystèmes sociaux pourraient soutenir les travaux universitaires.

Un scientifique américain sur quarante serait actif sur Twitter selon une étude publiée par la Queen’s University.  De même des milliers de billets ont été enregistrés sur les blogs de recherche et 2 millions de scientifiques utiliseraient Mendeley, l’outil de partage de référence dans le domaine.Pour les chercheurs, la puissance des médias sociaux accélérerait radicalement le rythme de publication mais surtout le partage des connaissances. Et pour mesurer la contribution la plus évidente apportée par les médias sociaux, le groupe de recherche a évalué l’évolution de l’amplitude d’un réseau scientifique du fait de l’utilisation de Twitter. Leur constat est le suivant : en plus de ne demander que peu d’investissement, la construction d’un réseau virtuel se développerait bien plus vite que les relations interpersonnelles et offrirait une meilleure visibilité des travaux de recherche.

Des « départements virtuels » aux profils variés

Ainsi, en comparant les tailles relatives de départements universitaires physiques et « virtuels », il a été possible de constater que le nombre médian de followers était sept fois plus important que les relations « physiques » issues d’un département de recherche. Et si la majorité (55%) des followers est composée d’étudiants ou de scientifiques, une proportion non négligeable est composée de professionnels des médias ou du grand public. Auparavant conditionnées par les seuls avis de pairs, ces données semblent indiquer que les études peuvent aujourd’hui englober les apports d’une communauté de non spécialistes. Ainsi, l’étude révèle que seulement 19% des liens vers des articles sont diffusés par une petite communauté de scientifiques quand 47% des tweets de « Nature Chemistry » sont retweetés en moyenne quatre fois.

Une nouvelle dimension du feedback

Et si le nombre de citations est la KPI des études scientifiques, tweeter peut largement agir sur cette mesure. En effet, pour les chercheurs, les articles disposant d’une bonne diffusion sur Twitter dans les trois premiers jours après leur publication étaient onze fois plus susceptibles d’être les plus cités entre 17 et 29 mois plus tard. Mais l’ère des médias sociaux favorise également l’avènement de nouvelles mesures plus complètes et qualitatives que les étroites citations. Ces mesures alternatives ont pour objectif de quantifier de manière plus large l’impact d’une étude ainsi que la portée de la connaissance scientifique au delà des revues spécialisées. Beaucoup de ces mesures sont basées sur des données provenant de partage sur les réseaux sociaux ou de volumes de téléchargements. Enfin, Twitter permet bien évidemment l’instigation d’une discussion en ligne encore méprisée par nombre de scientifiques. La faute aux phrases chocs et accents mis sur des détails croustillants pour augmenter les partages au terme d’une trop grande vulgarisation de la science.

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