La médiation s'invite sur la Toile

Par 03 mai 2010
Mots-clés : Europe

En Espagne, les salariés victimes d'un préjudice peuvent faire appel à des médiateurs juridiques, via une plate-forme en ligne et une application à télécharger. Le but ? Résoudre les conflits à l'amiable.

Pour éviter aux salariés ayant subi un préjudice dans le cadre professionnel - en particulier ceux qui souffrent d'un handicap physique - d'effectuer toutes les démarches administratives et judiciaires pour obtenir réparation, l'université Carlos III de Madrid met en place un service de médiation via Internet, baptisé "Semadisc". "Le processus commence lorsqu'un plaignant se connecte à la plate-forme en ligne pour manifester un problème", expliquent les responsables du projet. Une équipe de médiateurs - en fait, un groupe d'experts judiciaires - étudient le cas, et entrent en contact avec l'une des autres parties impliquées dans le contentieux. Ils proposent alors plusieurs solutions afin de régler le différend à l'amiable, sans avoir à enclencher tout l'appareil judiciaire. Processus qui n'intervient qu'en ultime recours, lorsque toutes les autres issues ont été considérées.
Télécharger une application dédiée
"La plate-forme en elle-même est accessible depuis n'importe quel navigateur Internet", précisent les universitaires. L'utilisateur doit simplement télécharger une application sur son ordinateur, pour bénéficier des services mis à sa disposition : créer un cas, recevoir toute la documentation juridique liée à son préjudice, prendre contact avec un médiateur, et suivre l'évolution de sa situation. Le projet Semadisc rassemble des équipes de médiateurs en sollicitant des collaborateurs juridiques travaillant dans des associations spécialisées, ou rattachés à des institutions judiciaires publiques. L'une des spécificités de ce projet est, par ailleurs, de favoriser un enseignement juridique particulier.
Former des générations d'avocats au métier de médiateur
Sur la plate-forme de médiation, il est en effet possible de se créer un profil d'"observateur". "L'observateur peut suivre la résolution d'un cas, mais ne peut jamais intervenir directement", expliquent les responsables. Le but ? Former des générations d'avocats à cette solution de résolution de conflit à l'amiable, en leur permettant d'étudier des cas pratiques tirées de la vie réelle. A noter : les chercheurs ont pris soin de vérifier et d'assurer les contours juridiques du projet avant de lancer ce dernier.

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