Le médicament se fait pister par un capteur magnétique

Par 06 mars 2008
Mots-clés : Smart city

Le collier MagneTrace embarque des capteurs aimantés qui identifient le moment où le patient qui le porte avale sa pilule - elle aussi aimantée. Le système, relié à un smartphone, permet de mieux gérer les prises.

Pour veiller sur la régularité des prises de médicaments d'un patient, il existait déjà la boîte à pilule uBox, capable de délivrer automatiquement les produits. Le collier MagneTrace muni de capteurs aimantés prend le relais. Le système, relié à un appareil portable comme un smartphone, permet de calculer avec précision l'heure à laquelle les pilules ont été ingérées et d'alerter son propriétaire en cas d'oubli. Le principe initial est simple : les médicaments contiennent un minuscule aimant qui permet aux capteurs de les repérer au moment où ils passent dans l'œsophage du malade. Les informations sont ensuite envoyées vers le combiné grâce à un émetteur-récepteur à radio-fréquence. Elles peuvent également être transmises au docteur ou aux proches du patient par Internet. Le principal intérêt étant d'assurer un suivi complet de la personne.
Un algorithme détecteur de fraude
Le dispositif, développé par l'institut de Georgia Tech, permettra évidemment d'assurer avec plus de précision la prise de médicaments par les patients susceptibles de l'oublier, comme les personnes âgées. Il devrait également jouer un rôle non négligeable pour améliorer la fiabilité des résultats des essais cliniques : certains volontaires prennent mal les médicaments prescrits, faussant en partie les résultats. Et impossible pour ces patients de tricher et d'avaler un aimant pour tromper le système : chaque pilule contient une signature magnétique reconnue par l'un des algorithmes embarqués dans l'appareil. Pour les chercheurs, cette nouvelle méthode de suivi aura également des retombées sur les prix des médicaments.
Meilleure gestion = réduction de coûts
Si les essais cliniques deviennent plus fiables, il deviendra ainsi possible d'en réduire le nombre. Ces diminutions du nombre d'essais permettront aux compagnies de réduire les dépenses réalisées pour chaque nouveau médicament. Et donc de faire baisser à terme le coût du produit chez le revendeur. Pour le moment, le collier prototype - peu élégant - embarque six capteurs, et pèse moins d'une trentaine de grammes. Les capteurs peuvent également être insérés dans un patch porté sur la poitrine. Plusieurs tests ont déjà été effectués sur le cou d'un mannequin, mais aucun n'a encore été fait sur des individus. Selon les responsables du projet, l'ingestion de composants magnétiques, contenus dans une capsule qui en empêche l'absorption, ne peut cependant pas être dangereuse pour la santé.

La RFID fait maigrir les coûts

La RFID a aussi un rôle important à jouer dans le secteur pharmaceutique. Ce, pour améliorer le suivi de la chaîne de production des médicaments. Le but étant de réduire les coûts et les risques de contrefaçon et de substitution des produits, fréquents lors du transport des médicaments du fabricant au revendeur, en passant par le distributeur. Des substitutions qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé des patients.
Le refrain n'est pas nouveau, mais les chiffres, si. Selon Kalorama Information, qui publie un rapport sur le sujet, les grands distributeurs pourraient économiser environ dix millions de dollars par an et les fabricants jusqu'à cinquante cinq millions de dollars. Pour rappel, le marché des produits pharmaceutiques devrait représenter un trillion de dollars en 2020.

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