La mémoire des réseaux mobiles se conserve à plusieurs

Par 14 décembre 2010
des téléphones qui forment un cerveau

Pour éviter aux téléphones de perdre des données communes en l'absence de serveur central, des chercheurs du MIT proposent "Rambo", un système de stockage collectif.

 

Comment faire en sorte que des réseaux par nature mouvants – comme les réseaux mobiles – bénéficient d’une mémoire stable ? En mettant en place un protocole qui disperse les informations communes entre une majorité des membres du réseau, répondent des chercheurs du MIT*. En l’absence de serveur central, l’objectif est de permettre à tous d’accéder à l’ensemble des informations mises à jour et ce, quels que soient les membres qui quittent ou rejoignent le réseau. Le projet “Rambo” - pour Reconfigurable Atomic Memory for Basic Objects - prévoit en fait d’envoyer une copie de chaque information nouvelle (par exemple l’état du trafic sur une route donnée) à un nombre déterminé d’appareils connectés au serveur.  Inutile cependant de stocker les informations sur l’ensemble des appareils, une simple majorité d’entre eux suffit.

Gérer les départs et les arrivées

Ainsi, quand un utilisateur a besoin d’accéder à une information qu’il ne stocke pas lui-même, il lui suffit d’envoyer une requête auprès d’un peu plus de la moitié des membres du réseau. Il est assuré qu’au moins l’un d’entre eux aura en mémoire l’information recherchée. “En apparence, le système fonctionne comme une mémoire instantanée accessible via une machine unique”, explique le professeur Nancy Lynch qui a contribué au projet. “Mais en vérité, cela fonctionne à l’aide de tous les appareils mobiles déployés sur le terrain”. La difficulté consiste à gérer les départs et les arrivées sur le réseau de telle sorte que toutes les informations restent détenues par une majorité de membres. Rambo est donc doté d’un algorithme qui reconnait ces changements et copie les données auprès des nouveaux entrants.

Un système aux usages multiples

Cette phase de “reconfiguration” du réseau  implique donc un minimum de coordination entre les différents appareils. Sans quoi, un téléphone ayant repéré deux nouveaux entrants pourrait les utiliser comme membres de sa majorité de stockage sans que les autres membres du réseau ne soient même au courant d’un changement dans la structure du réseau. Initié en 2001, le projet Rambo avait au départ une visée militaire. Son objectif était de permettre à des unités de combat de partager des informations dans des zones dépourvues de réseaux stables, comme en Afghanistan. Les chercheurs soulignent cependant qu’un tel protocole pourrait être utilisé par les réseaux de capteurs, les services de peer-to-peer sur Internet, les fermes de serveurs ou encore par les réseaux ad-hoc mobiles.

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