Les messages en chaîne suivent un parcours sinueux

Par 19 mai 2008 1 commentaire

Les messages électroniques indésirables peuvent toucher de nombreuses personnes avant d'arriver à destination. Une remise en cause du modèle viral ?

Messages en chaîne, hoax (canulars ou fausses informations) et pétitions suivent des chemins sinueux. Ces courriers spontanés peuvent passer par près d'une centaine d'intermédiaires différents avant même d'atteindre les personnes qui ne sont pourtant qu'à quelques degrés de séparation du premier expéditeur. A l'origine de ce constat se trouve un groupe de scientifiques de la Cornell University (Etats-Unis) qui se sont interrogés sur le mode de diffusion de ces courriers pour la plupart perçus comme indésirables. Ils se sont notamment intéressés à deux pétitions qui ont été diffusées à très grande échelle, l'une défendant une radio publique américaine et l'autre en contestation de l'entrée en guerre des Etats-Unis en Irak. Résultat : les chercheurs remettent en cause le mode de diffusion dit viral, approche la plus communément acceptée pour décrire la circulation de ce type de messages.
Des contacts ciblés mais les cibles sont mouvantes
A savoir : vous recevez un message que vous envoyez à l'ensemble de votre carnet d'adresse dont les membres relaient l'information à l'ensemble de leur connaissance, etc. Pour eux, plutôt que de se diffuser à de nombreux internautes de façon indifférenciée, ils avancent qu'une sélection s'opère : ces missives électroniques seraient plus particulièrement relayées à des personnes ciblées parmi les contacts. "Ceci est effectivement vrai dans le cas de pétitions car leur contenu est spécifique, et l'internaute va plus facilement le transmettre à une personne susceptible d'être intéressée", explique Emmanuel Jud, responsable du site Hoaxkiller.fr. Personnes qui visiblement l'envoient eux-mêmes à des personnes ciblées. In fine, tout contact finit par être considéré comme le public approprié du message. Et ce, plusieurs fois, puisque chaque internaute fait partie de plusieurs réseaux. Emmanuel Jud fait toutefois une différence entre ce type d'information et les canulars.
Une diffusion exponentielle
"Dans le cas des hoax, le courrier est envoyé le plus souvent à tout le carnet d'adresses, son rythme de diffusion est ainsi exponentiel". Le caractère universel du contenu relayé par ces courriers intempestifs - faux avis de disparition ou alerte au virus - est ainsi évoqué pour justifier la rapidité de sa circulation de boîte en boîte. Les pétitions relayées par e-mail peuvent également être considérées comme une certaine forme de canular, selon Emmanuel Jud. Plusieurs raisons sont avancées : "il est difficile d'en assurer le suivi, certains participants sont comptabilisés des centaines de fois, et on n'a aucune assurance sur qui va récupérer les données". Autre caractéristique de ces messages : ils se modifient à mesure qu'ils sont transmis. Ces changements interviennent pour diverses raisons. Ils peuvent être réadaptés en fonction du public visé ou encore modifiés par erreur, ce qui ajoute à leur inefficacité, explique Emmanuel Jud. 

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Les informations manquent sur le site de Signal Spam pour se faire une idée des résultats obtenus, du fonctionnement de la structure où ne sont pas impliquées les associations de consommateurs. Pas de dialogue non plus par le moyen d'un forum, au minimum avec les adhérents qui signalent leurs spams.

Soumis par Jean-Louis Schwendimann (non vérifié) - le 21 mai 2008 à 10h42

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