Mesurer la mobilité humaine passe par la collaboration

Par 22 septembre 2009

Pour établir une cartographie des déplacements planétaire, il faut créer des services considérés comme utiles par des internautes qui confieront ensuite leurs informations. Cette cartographie facilitera la veille épidémiologique.

Géolocalisation, téléphones portables, capteurs… Autant de moyens qui permettent de collecter des données sur les modes de déplacement humains à large échelle. Informations utiles pour des services de planification urbaine, de veille épidémiologique ou encore pour alerter en cas d'urgence. Le problème, rappelle une équipe de chercheurs anglo-allemande*, c'est que les systèmes existants n'attirent encore que des communautés de taille réduite. A l’heure actuelle, aucune n’est pensée pour procéder à une récolte de données à grande échelle. Difficile du coup d'envisager des projets de grande envergure, notamment à visée sanitaire. Pour créer une base de données la plus exhaustive possible, ils proposent du coup de recourir au crowdsourcing, et en appellent à la collaboration des communautés de recherche, industrielles et d'utilisateurs. Toute la difficulté étant de définir les moyens permettant à chacun d'y trouver son intérêt.
Imaginer des applications utiles pour l’utilisateur
Les chercheurs imaginent par exemple un service social de proximité basé sur la technologie Bluetooth. Le but étant de proposer aux individus un service utile en échange duquel ils acceptent de céder certaines données sur leur localisation ou leur profil. Ils donnent l'exemple de systèmes comme SenseNetworks, qui recense plus de cent mille membres aux Etats-Unis et qui indique les endroits où les utilisateurs sortent en temps réel. Autre piste : analyser les photos et leurs commentaires associés sur des bases comme Flickr par exemple, pour en extraire des informations pertinentes. Il est également possible de s’appuyer sur un agglomérat de communautés de taille plus réduite. Ou encore de développer une plate-forme pour centraliser et regrouper les différentes tentatives à visée scientifique de collecte de données en ligne.
Les limites des méthodes existantes
En développant des partenariats avec les opérateurs téléphoniques et les gouvernements locaux, il deviendrait possible de collecter un grand nombre d'informations. Les réseaux sociaux forment également une nouvelle forme de données. Les méthodes traditionnelles issues des sciences sociales se sont en effet avérées peu utilisables pour recueillir des données au niveau planétaire. Les investissements matériels et humains - comme distribuer un appareil de géolocalisation aux testeurs - seraient en effet faramineux. Reste que ce type de recherche fait évidemment face à une contrainte légale. Les opérateurs de téléphone, par exemple, sont limités dans la nature des données qu’ils peuvent récupérer, ainsi que dans la durée de leur conservation.
* L’étude rassemble des chercheurs des laboratoires de Deutsche Telekom, de Vipadia et des universités de Cambridge et St Andrew 

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