La méthode du “Learning by doing” s’invite en entreprise

Par 24 janvier 2017
Puzzle

La bonne vieille méthode du « Learning by doing » est en train de séduire de nouveaux publics et s’immisce peu à peu en entreprise.

Pourtant ancienne, la théorie du « learning by doing », fait, ces derniers temps, peau neuve.  Elle prône, rappelons-le, un apprentissage simultané à l’expérience, sans le recours préalable de la théorie. Créer, se tromper, recommencer, trouver, apprendre, sont les étapes-clés du « learning by doing ». Son ressort principal repose sur l’intelligence collective, la mixité, la synergie entre des publics d’horizon divers (étudiants, salariés, professeurs). Cette méthode pédagogique rencontre aujourd’hui beaucoup de succès en milieu scolaire. Il suffit d’observer le nombre de « Fab lab » qui fleurissent dans les écoles, les universités et même dans les bibliothèques. Par exemple, le Celsa, une grande école de communication parisienne, a ouvert cette année la première édition d’un Fab Lab de création audiovisuelle, en lien avec Arte Creative.

Cette méthode séduit également le monde de l’entreprise, à l’image de Dassault Systèmes, présent lors de la Maddy Keynote conduite en ce début d'année. Pour le célèbre éditeur de logiciels, le numérique a facilité la démocratisation de cette technique d'apprentissage : mise en place de plateformes collaboratives, création d’équipes virtuelles aux talents et origines diverses, création d’ateliers virtuels, mise à disposition de logiciels performants, formation, etc…  « Avant le milieu de la recherche et de l’entreprise ne communiquaient que très peu ensemble. Le numérique a cassé ces tours d’ivoires et ces silos et les a amené à collaborer plus intuitivement» témoigne Frédéric Vacher, responsable de l’innovation chez Dassault Systèmes. La logique du « Learning by doing » dans l’entreprise fait du salarié, entouré d’outils et d’autres talents que lui, la clé même des problèmes qu’il peut rencontrer. Les atouts du « learning by doing » sont nombreux : pluridisciplinarité, entraide, innovation. Elle transforme un poste de travail en un lieu d’expérimentation à échelle humaine. Par ailleurs, elle favorise la flexibilité au sein d’une même entreprise: « Dans le futur les entreprises recruteront plus les talents que les diplômes. Il faut reconnaître ce que font les gens, bien plus que ce qu’ils savent » insiste Frédéric Vacher.

Peut-on alors imaginer que le « Learning by doing » puisse mettre fin aux inégalités induites par le système scolaire ? Rien n’est moins sûr puisque « les personnes qui se  lancent, sont déjà bardées de diplômes et que la course au classement des écoles n’a jamais eu autant d’importance. » selon Antoine Amiel, directeur de Learn Assembly. N’est-ce donc qu’en forgeant qu’on devient forgeron ?

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