"Les nouveaux métiers de l'innovation sont des métiers de médiation"

Par 17 juin 2011 2 commentaires
Mots-clés : Smart city, Europe
un bonhomme fait l'interlmédiaire entre deux autres

L'avenir de la création est définitivement collaboratif. Pour innover, les grands groupes doivent donc échanger davantage avec les start-ups, sans oublier les usagers. Pour cela, ils ont besoin d'intermédiaires.

A l’occasion du 20ème congrès de l’EBN (European Business and Innovation Center Network), L’Atelier a rencontré Denis Pansu, gestionnaire de projets d’innovation ouverte à la Fondation Internet Nouvelle Génération, une structure non-profit qui accompagne entreprises et institutions dans leur appréhension des nouveaux usages technologiques.

L’Atelier : Qu’est-ce qui fait le succès d’une innovation ?

Denis Pansu : Depuis toujours, ce sont les utilisateurs qui valident la réussite d’une innovation. L’offre des entrepreneurs ou des start-ups doit donc être construite en fonction de scénarios d’usage. Certes le porteur de projet est le créatif, mais il définit souvent son modèle en fonction de sa vision. Or, c’est l’usager qui choisit s’il adopte un produit ou un service. Je dis d’ailleurs souvent aux entrepreneurs que la meilleure interface utilisateur, c’est celle qui lui laisse le choix. Il faut donc des acteurs qui permettent des rencontres entre les usagers, les grands groupes, et les start-ups.

Le dialogue va donc se redéfinir…

L’Open Innovation va conduire les organisations à un reingeenering profond de leur structure dans les prochaines années : les rapports entre start-ups et grands groupes s’installeront même avant que l’entrepreneur ait créé sa structure. On commence à constater que l'expression organisée et collective des utilisateurs détermine l'émergence de produits. En ce sens, les nouveaux métiers de l’innovation sont des métiers de médiation, afin de fluidifier la conversation entre ceux qui ont besoin d’un produit, et ceux qui le conçoivent.

Les acteurs dont vous parlez sont donc des facilitateurs de contact ?

Chez Renault par exemple, il existe des outils qui permettent  à l’interne de dialoguer avec l’externe, avec d’autres experts. L’an dernier ils ont souhaité travailler sur la « mobilité durable », ce qui implique de repenser la multimodalité en ville. Là où la FING est intervenue, c’est en leur proposant d’adapter le modèle du « carrefour des possibles » à leurs relations externes. L’idée étant de les aider à rencontrer des start-ups, et surtout, d’établir le contact rapidement. Il y a donc eu un appel à projet, et dix d’entre eux ont été présentés devant 80 personnes chez Renault.

En ce sens, l’approche de « scénarios d’usages » est donc plus facile pour un grand groupe ?

Oui car ce type d’appel à projet offre une diversité d’idées, toutes inspirées d’usages différents, ce qui permet au commanditaire de prendre du recul. Certains entrepreneurs ont donc proposé des plateformes d’auto-partage, avec des réflexions intéressantes sur le financement des véhicules, tandis que d’autres ont présenté un GPS pour se perdre et découvrir des endroits où nous n’avons plus l’habitude d’aller. Aujourd’hui, ce sont trois projets sur les dix qui sont actifs. Mais pour que ce type de collaboration fonctionne, les grands comptes doivent simplifier leurs process et les start-ups doivent mieux les appréhender, afin améliorer le partage d’information.

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2 Commentaires

Petite question (classique) : dans ce modèle de "médiation", comment s'inscrit le succès d'Apple (parmi d'autres : côté startups, Square pourrait aussi être citée), dont tout le monde vante l'esprit d'innovation alors qu'elle fait grand cas de NE PAS écouter ses clients ?

Serait-ce l'exception qui confirme la règle ou bien ne faudrait-il pas plutôt considérer qu'il n'existe pas une vérité unique ?

Soumis par Patrice (non vérifié) - le 17 juin 2011 à 17h40

@ Patrice : J'opte pour la 2e suggestion. Mentionnons aussi que la conception d'un produit est très différente de celle d'un service. Et aussi selon que vous êtes une grande ou une toute petite structure. Certains designers considèrent à juste titre que le co-design peut aboutir à de l'eau tiède si on prend en compte toutes les options parfois contradictoires des utilisateurs. Mais gardons-nous de jugements définitifs, tout cela est tellement neuf ! Ces modèles en réseau émergent depuis moins de 10 ans.

Soumis par Denis Pansu (non vérifié) - le 20 juin 2011 à 18h23

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