Mettre les arts et les sciences sociales au cœur de l’informatique

Par 24 octobre 2014
Art

Nouvel enjeu de l’informatique de demain, le domaine des Computational media prend son essor dans le monde universitaire. Combinant ordinateur et créativité, la discipline ouvre de nombreuses possibilités.

L’université de Californie Santa Cruz vient d’annoncer la création d’un département unique au monde baptisé "Médias de l’informatique" (Computational media). Un domaine à la croisée de l’informatique, des arts et des sciences humaines. La Georgia Tech à Atlanta proposait déjà un cursus dans la discipline mais aucun département ne s’y était encore consacré entièrement.

Les computational media fusionnent les sciences de l’informatique avec les théories de l’art et des sciences humaines, une sorte d’informatique comparé pour résumer. Les champs d’application vont du film animé aux applications pour smartphones en passant par les jeux vidéo. Allier la créativité à l’informatique en somme et interroger sans cesse les possibilités. "Il ne s’agit pas juste du Que peut-on faire ? ou du Peut-on le faire plus vite et moins cher ? mais du Doit-on le faire ?" explique Ian Bogost, professeur au Georgia Institute of Technology. Un peu à l’image de la littérature comparée, les computational media ont donc une double vocation : à la fois questionner les objectifs de la discipline et établir des ponts avec les autres domaines de la pensée.

Avec la création d’un département entier consacré à cette inter-discipline et ses programmes liés, l’université de Californie Santa Cruz encourage les recherches sur un domaine prometteur. Désormais les études ne seront plus limitées par le cloisonnement des disciplines ou le champ de compétence restreint des professeurs.

L'interaction homme-ordinateur et le langage artificiel sont autant de domaines qui pourraient bénéficier de l’importance croissante des computational media. Au delà de ces possibilités, les jeux vidéo et effets spéciaux cinématographiques, pleinement ancrés dans les arts créatifs, pourraient s’améliorer alors même que l’on crée des algorithmes pour déterminer le style d’un écrivain ou la patte d’un artiste.

"Le sentiment est répandu selon lequel nous avons coupé l’informatique de son contexte culturel, artistique et humain." affirme Ian Bogost à l’heure où le trafic internet humain est surpassé par celui des robots. Remettre l’humain et la créativité au cœur des nouvelles technologies pourrait donc être un des grands enjeux des années à venir.

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