La microassurance tire profit des techniques éprouvées en microfinance

Par 03 septembre 2009
Mots-clés : Smart city

Après le succès des formules de crédit adaptées aux populations pauvres, les assureurs aussi veulent apporter leur pierre à la réduction des inégalités sociales.

Les populations les plus pauvres sont aussi les plus susceptibles d’être touchées par des problèmes de santé, d’accidents, de pertes de propriété, de vols... Ce sont également les populations les moins protégées, inspirant les assureurs à développer des services adaptés. Car ceux actuellement commercialisés ne semblent pas pertinents vis-à-vis des populations concernées. Une étude du cabinet Arthur D. Little fixe les grandes lignes d’une stratégie de microassurance. La création d’un modèle d’affaires durable passerait par trois objectifs complémentaires : assurer la couverture d’un maximum de personnes à bas revenus, maîtriser les coûts et maîtriser les prix. Des alliances avec des spécialistes de la microfinance, et l’utilisation intelligente des nouvelles technologies seront deux facteurs clés pour y parvenir.
Adapter les offres et les services
Le cabinet de conseil rappelle qu’il en va de la microassurance comme du microcrédit : la réussite passe par le nombre. Il faut donc proposer des offres simplifiées et à un prix abordable. Le nombre de transactions couvre ainsi la prise de risque. Accessoirement, une offre simplifiée pourra être proposée par un employé moins qualifié, ce qui permet une certaine maîtrise des coûts. Pas question pour autant de simplement proposer une version allégée des services existants. Les consommateurs à faibles revenus préféreront ne rien débourser que de s’engager dans une dépense dont ils ne voient pas l’intérêt. D’où l’importance de développer des offres au bénéfice en nature (services funéraires, courses alimentaires...). L’absence d’infrastructures dans la plupart des pays concernés constitue également un défi difficile à relever. Pour réussir, les compagnies d’assureurs doivent atteindre les populations malgré tout.
Développer synergies et technologies
Pour cela, ils doivent s'inspirer des projets liés à la microfinance. C'est dans ce cadre que sont déjà expérimentées des solutions technologiques qui pourront être adaptées aux besoins de la microassurance : distributeurs biométriques, cartes intelligentes, solutions de banque mobile... Des synergies peuvent être trouvées en proposant des packages "prêt + assurance", par exemple. Une étude récente de Datamonitor estimait que les quatre milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour représentaient pour les assureurs un marché de plus de 80 milliards de dollars. Et cela ne concerne pas que les pays en voie de développement. Les populations les moins aisés des pays riches font aussi face à des difficultés semblables, particulièrement dans les pays adeptes du libéralisme économique.

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