Microsoft veut mettre Yahoo! dans son escarcelle

Par 01 février 2008
Mots-clés : Smart city

Les deux outsiders tenteront de déloger Google sur le secteur de la publicité en ligne. Si cette stratégie paie, ils devront faire face à un nouveau défi : transformer l'essai du web 3D et des réseaux sociaux.

45 milliards de dollars. C'est ce que vaudrait Yahoo! selon Microsoft, qui vient de faire une offre de rachat de la société Internet. En faisant cette proposition, le géant du logiciel brigue tout particulièrement les activités de régie publicitaire de Yahoo!. Des activités qui lui permettraient d'investir sérieusement le secteur très lucratif de la publicité en ligne - 80 milliards de dollars espérés en 2010 - trusté en grande partie pour le moment par Google. La logique de Microsoft est simple : mieux vaut unir ses forces. Après le rachat de DoubleClick pour 3,1 milliards de dollars en avril 2007, il devenait encore plus difficile de marcher sur les plates-bandes de Google en matière de publicité. Malgré le rachat du groupe de marketing sur Internet aQuantive, l'activité e-publicitaire de Microsoft est encore loin de venir concurrencer le mastodonte.

L'union fait la force
Quant à Yahoo!, malgré sa position de numéro deux, il n'était pas encore parvenu à dépasser les 15 % de parts de marché. Ce, en dépit du rachat du spécialiste de la publicité en ligne RightMedia en mai 2007. "Les compétences combinées des deux entreprises permettront de réaliser des économies d'échelle tout en atteignant une force de R&D suffisante pour réaliser d'importantes innovations sur le marché de l'e-publicité", souligne Kevin Johnson, responsable de la division Plate-forme et Services chez Microsoft. "Le secteur sera dynamisé par l'apparition d'un autre acteur d'importance, qui permettra d'offrir plus de choix aux annonceurs et aux consommateurs", ajoute-t-il. L'éditeur, qui a envoyé son offre au conseil d'administration de Yahoo!, n'a pas encore reçu de réponse officielle.

Investir les réseaux sociaux
L'offre porte sur le rachat des actions Yahoo! au prix de 31 euros l'unité. Une valeur supérieure de plus de 60 % à celle du marché, souligne Microsoft. Si l'affaire est conclue, l'éditeur, en s'offrant le premier annuaire sur Internet, aura pris le pas sur le deuxième grand symbole du web de départ après Netscape, le premier navigateur web. A noter cependant : en marge de l'activité publicitaire importante qui pourrait surgir de ce rapprochement, Yahoo! et Microsoft devront faire face à un handicap : les deux entreprises ne disposent pas de réelle technologie de réseau social. Si l'on excepte l'investissement minoritaire de Microsoft dans Facebook.

Mathilde Cristiani
 

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