Minimiser les rebuts de la pêche via caméras embarquées et analyse de données

Par 09 novembre 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

La technologie au service d'une pêche plus durable, avec moins de poissons rejetés à la mer : c'est ce que vise un projet pilote danois de supervision automatique sur les navires.

Les pêcheurs européens jettent, paraît-il, jusqu’à la moitié de leur pêche, lorsque les poissons s’avèrent trop petits, pas assez rentables, ou simplement hors quota. Pas de salut pour autant pour ceux qui sont rejetés à l’eau, puisque très peu survivent à leur passage sur le pont du bateau. Pour cette raison, le gouvernement danois envisage de responsabiliser les pêcheurs en comptabilisant dans les quotas non seulement le poisson pêché, mais aussi celui relâché. D’où un nouveau challenge : comment recueillir et gérer ces informations ?
Caméras, capteurs et GPS équipent les bateaux
Pour répondre à cette question, le ministère danois de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a lancé un projet pilote visant à déterminer s’il était possible, tant au niveau technique que pratique, d’exploiter sur les bateaux un système électronique de supervision de la pêche. Ce projet mené à bien par DTU Aqua, l’institut national des ressources aquatiques danois, s’est appuyé sur six navires de pêche de types variés, équipés de caméras résistantes à l’eau – jusqu’à quatre par bateau. Ces dernières ont été placées de manière à ne rien rater du travail des pêcheurs sur le pont, alors qu’ils remontent leurs prises et rejettent une partie du poisson en mer. Par ailleurs, des capteurs suivaient l’utilisation des équipements de pêche, et un système GPS relevait, en parallèle, la position du navire.
Traitement d’énormes volumes de données
Autant d’informations stockées sur des disques durs de 500 Go, remplacés à chaque fois qu’un bateau rentre au port, soit des montagnes de données accumulées pendant un an. DTU Aqua n’a même pas terminé d’en analyser l’intégralité. Avec près de 14 000 heures de vidéo traitées, l’institut en est à 81%.  Les données se sont révélées être d’excellente qualité et les bateaux ont déjà pu, au cours du projet, adapter leur façon de pêcher afin de jeter moins de poisson. Un projet pilote semblable est en cours en Ecosse, et d’autres pays européens tels que la Suède, les Pays-Bas et l’Allemagne se sont montrés intéressés par cette supervision informatisée de la pêche.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas