Minitel contre Internet.

Par 20 janvier 1999
Mots-clés : Digital Working, Europe

On compte aujourd'hui 25 000 sites déclarés dans le domaine français d'Internet (.fr) et 25 000 services accessibles par Télétel. Toutefois, dans le cas du réseau, il faut également prendre en com...

On compte aujourd'hui 25 000 sites déclarés dans le domaine français
d'Internet (.fr) et
25 000 services accessibles par Télétel. Toutefois, dans le cas du réseau,
il faut également prendre en compte les sites français basés dans le
domaine commercial international (.com).
Le nombre de ces sites est estimé à 54 800 par l'Aftel dans son rapport
sur la situation d'Internet en France.

Selon l'un des consultants les plus connus de la télématique française,
Daniel Kaplan "5 milliards de F de ventes par correspondance, auxquels
s'ajoute 1 à 2 milliards de F pour les ventes de billets de transport.
N'oublions pas la vente de l'information en ligne : 0,5 à 1 milliard de F
pour les abonnements et 3,3 milliards de F pour la vente via les 3615 et
autres paliers du kiosque Télétel. Si l'on ne compte pas le coût du
transport de l'information et des services, le chiffre des affaires
réalisées grâce au réseau Minitel se situe entre 10 et 11 milliards de F
(1,6 milliard d'euros)".
Le total s'élève même à 15 milliards de F (2,3 milliards d'euros) pour les
experts du centre de recherche et développement de France Télécom.
Bien que géant par la taille et par la couverture mondiale, Internet est
encore en France un Lilliputien du commerce en ligne par rapport à
Télétel.
Selon les deux dernières études publiées en France, il réalise un chiffre
d'affaires en 1998 de 300 millions (selon Stratégie Internet) à 3
milliards de F (45,7 à 457 millions d'euros) selon Médiangles. Il s'agit
dans un cas des résultats d'un panel de "sites marchands et français",
pour les autres, des achats déclarés par des internautes sur l'ensemble du
Web.
Se basant sur une compilation d'études, un expert du centre de recherche
et développement de France Télécom indique "de toute façon, le commerce
sur Internet en est à ses débuts. Au total, le chiffre d'affaires est de
10 milliards de F (1,5 milliard d'euros) pour Internet tout entier, mais
il devrait atteindre 150 à 200 milliards de F (23 à 30 milliards d'euros)
en 2000".
PDG de la société AGL, l'un des pionniers du commerce en ligne, Louis
Roncin avoue "avec Internet, on est dans le flou total". Son chiffre
d'affaires, avec 350 codes Minitel et 40 noms de domaine sur Internet,
ressemble à celui de beaucoup d'acteurs du secteur "200 millions de F (30
millions d'euros) de chiffre d'affaires en 1997 avec le Minitel, contre 3
millions de F (458 000 euros) avec Internet. Mais, d'un côté, nous avons
rentré 50 millions de F de bénéfice et, de l'autre, nous avons investi 4,5
millions de F. Le marché est instable. Personne ne gagne de l'argent, sauf
en Bourse, au Nasdaq".
Pour un responsable anonyme du secteur bancaire "L'e-business en France
aujourd'hui ? la recette classique est efficace : un cheval Minitel et une
alouette Internet. Et les chevaux ont la vie dure !".
(Supplément Le Monde Interactif - 20/01/1999)

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