Les minutes se vendent comme à la Bourse.

Par 13 avril 1999
Mots-clés : Digital Working, Europe

Qu'ils soient de taille internationale ou locale, tous les opérateurs de télécommunications achètent et vendent des minutes de télécommunications à leurs concurrents suivant leurs besoins de capac...

Qu'ils soient de taille internationale ou locale, tous les opérateurs de
télécommunications achètent et vendent des minutes de télécommunications à
leurs concurrents suivant leurs besoins de capacité vers telle ou telle
destination.
Il existe même des endroits spécifiques où les opérateurs négocient leur
"marchandise". Ainsi, sur 1 000 m2 au centre de Paris, la société
Telehouse héberge des machines appartenant à la plupart des opérateurs
présents en France. Connectées entre elles, ces machines s'échangent des
minutes. Directeur de Telehouse France, James Shibduth, précise "en se
regroupant sur un même plateau, les opérateurs évitent d'installer des
lignes téléphoniques spécialisées entre eux, ce qui est très coûteux".
Hébergeant également des machines, une autre société, Executive Telecom
joue aussi le rôle d'acheteur "en gros" de minutes pour le compte des
clients qu'elle abrite. Son président, Pierre-José Billotte explique "ce
marché est apparu il y a cinq ans avec la déréglementation internationale
et s'est étendu aux communications longues distances (hors département) en
France depuis le 1er janvier 1998".
Selon lui, en 1999 les quantités et les destinations devraient se
standardiser. Alors qu'aujourd'hui, seule la variable du prix est prise en
considération, la notion de qualité des communications devrait prendre de
plus en plus d'importance.
Un nouveau venu dans le secteur, Finacor, courtier en produits financiers,
a lancé en janvier 1999 une nouvelle activité baptisée Finphone,
spécialisée dans le courtage de minutes téléphoniques. Elle intervient
dans la négociation de liaisons louées et le courtage de minutes de
communications. Le responsable de cette activité, Alain Beluche reconnaît
que ce marché est encore difficile d'accès "actuellement, il est entre les
mains d'opérateurs de télécommunications, de grossistes ou de vendeurs de
cartes prépayées. Tous ces intervenants se livrent à une concurrence
féroce qui conduit à une baisse continuelle des tarifs. Il n'y a pas
encore de contrats standards, ni de produits dérivés pour acheter à terme
de la capacité téléphonique et ainsi spéculer à la hausse ou à la baisse
des prix".
(Le Monde - 13/04/1999)

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