Le mobile, acteur majeur de la transformation économique du Brésil

Par 11 octobre 2012
Brésil

Le secteur mobile, très dynamique, est à l'origine de création d'emplois, de services et d'une amélioration socio-économique du pays. Mais certains freins, liés à la régulation, aux taxes et au réseau, doivent encore être dépassés.

L'impact du mobile sur l'économie brésilienne ? Important. Dans un rapport* dédié au pays, la GSMA souligne ainsi que le Brésil est désormais le quatrième plus grand marché mobile au monde, avec plus de 260 millions de connexions mobiles enregistrées, dont 60 millions d'accès en haut débit. Et ce rythme de croisière ne devrait pas tarir, avec 135 millions d'accès en haut débit attendus pour 2014. Cela, combiné à l'accessibilité de plus en plus importante des smartphones et tablettes (75 millions d'ordiphones sont attendus d'ici 2016), va faire que le trafic de données par individus ne va cesser d'augmenter. Entre 2008 et 2020, il devrait ainsi croître de 83% par an. Pourquoi donner tous ces chiffres ? Parce qu'ils participent à un cercle vertueux : la généralisation d'appareils perfectionnés, de la connexion mobile, et de la création et de l'accès à divers services (liés à la santé, à l'éducation, au commerce, au paiement), transforme la manière qu'ont les particuliers et les entreprises de communiquer, de travailler et d'agir. Cela permet du coup aussi aux petites et moyennes entreprises de participer à cette chaîne de valeur en produisant des contenus locaux, des logiciels et des applications.

Une vitesse de croisière accélérée avec la NFC

Et tout cela devrait prendre une nouvelle ampleur avec l'arrivée de technologies comme la NFC et les solutions M2M (Machine to Machine). "Il y a maintenant une véritable opportunité pour le mobile de délivrer des bénéfices d'ordre socio-économiques à l'échelle du pays et aussi au niveau international", souligne ainsi Franco Bernabe, chairman de la GSMA. Bénéfices qui se ressentent déjà : selon l'étude, les opérateurs auraient généré plus de 11 milliards d'euros en 2011, ce qui représenterait plus de 2% du produit intérieur brut. Reste que pour vraiment parvenir à ce dynamisme, et qu'il bénéficie à de multiples acteurs sur le long terme, le pays devra dépasser plusieurs freins. Le premier étant celui de l'allocation des fréquences. Avec cette croissance exponentielle, le pays doit rester techniquement à la hauteur s'il veut pouvoir faire face à la multiplicité des connexions et des services. Ainsi, le rapport, s'il souligne les bienfaits de l'allocation récente de la bande 2,5GHz, estime que celle-ci n'est valable qu'à court terme.

Attribution d'une nouvelle fréquence

Pour une véritable couverture nationale, il suggère d'attribuer la bande 700MHz, connue sous le nom de dividende numérique, et actuellement dédiée aux services de radiodiffusion. Autre amélioration à apporter : au niveau de la réglementation et de la fiscalité. Le rapport souligne la complexité et la lenteur de processus d'approbation des autorités locales et nationales pour le déploiement de sites et d'antennes serait l'un des plus gros freins au lancement d'investissements supplémentaires par les opérateurs. Il faudrait aussi simplifier les réglementations (il existerait plus de 250 législations différentes sur les antennes), et alléger les charges. En effet, la taxe sur la valeur ajoutée brésilienne avoisine les 27 % pour tout appel et SMS pour les utilisateurs, et la taxe de "corporation" prélève 34 % des profits réalisés annuellement par les opérateurs mobiles. La législation s’est néanmoins entendue avec ces derniers sur une baisse sensible de ces taux, sur les deux prochaines années.

*Le GSMA Brazil Mobile Observatory, réalisé par Deloitte pour l'organisation

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