Quand le mobile déchiffre les IRM

Par 02 mai 2008
Mots-clés : Smart city

L'appareil IRM de l'université de Berkeley permet de réaliser des scanners en situation de mobilité. Pour lire les images, il suffit de posséder un téléphone portable : elles sont envoyées sur l'écran du combiné.

Les dispositifs d'imagerie médicale font partie du paysage de la santé dans les pays industrialisés. Les pays en voie de développement, eux, en sont encore souvent privés. L'une des raisons invoquées étant le coût important de l'équipement, à l'achat et à l'entretien. Pour résoudre ce problème, une équipe de l'université de Berkeley travaille sur un système IRM portable dont les images peuvent être lues par un simple mobile. Le système embarque une trentaine d'électrodes et repose sur le principe de l'EIT (Tomographie par Impédance Electrique) : pendant la radiographie, les tissus malades transmettent une impulsion électrique différente de celle produite par les tissus sains. La différence de résistance est ensuite traduite en image par plusieurs couleurs avant d'être transmise au mobile. Pour mettre au point leur dispositif, les responsables du projet ont dû dépasser plusieurs obstacles technologiques.
Des IRM mobiles
La plupart des appareils d'imagerie sont composés de trois éléments : un système d'acquisition des données, un logiciel de génération d'images et un moniteur. Or réunir ces trois dispositifs au sein d'une même unité sans provoquer d'interférences coûte cher. Les chercheurs ont séparé le logiciel des autres composants. Faisant effectuer cette tâche par un serveur externe, auquel le téléphone est connecté. Résultat : le téléphone récolte les données, et les transmet au système décentralisé. Celui-ci convertit les informations et renvoie l'image au combiné, qui l'affiche sur son écran afin que le médecin puisse la consulter. Le système intéressant, est surtout peu onéreux. Le projet est en effet parti de la conclusion que l'envoi simple d'appareils d'imagerie médicale aux institutions de santé des pays en voie de développement ne suffisait pas. "Plus de la moitié des équipements dans les pays émergeants ne sont pas utilisés ou pas réparés", précise Boris Rubinsky, professeur de bio-ingénierie à Berkeley.
Une utilisation en situation de mobilité
Et d'ajouter : "notre but était de développer un appareil que les personnes sur place pourraient entretenir sans problème, et qui correspondrait aux technologies utilisées dans ces régions". Autre avantage du système : sa capacité d'utilisation en situation de mobilité, et notamment dans des villages éloignés où il est impossible d'introduire des appareils médicaux de grande taille. Il permet également de confier le mobile à des professionnels n'ayant pas forcément les connaissances scientifiques nécessaires pour se servir d'un appareil IRM classique. Tous les terminaux capables de recevoir des données multimédia comme des vidéos, des graphiques et des photos pourront embarquer le système. "La taille d'une image IRM est de 6 kilobytes, ce qui est très léger. Un simple message mail est plus lourd que ça", souligne Yair Granot. Aucune date de lancement d'une phase de test ou de commercialisation n'a été dévoilée pour le moment.

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