Quand le mobile réalise les prélèvements médicaux

Par 31 mars 2008

NTT DoCoMo envisage le développement de mobiles capables de réaliser différents tests physiologiques puis de retransmettre ces informations. Des applications en santé mais aussi en marketing sont attendues.

Prélever des éléments chimiques et les communiquer via un simple téléphone mobile sera bientôt du domaine du possible. Une innovation que NTT DoCoMo compte bien faire sienne à travers le développement du concept de "communication moléculaire" sur lequel le constructeur travaille, en partenariat avec le département des sciences de la vie de l'université de Tokyo. Ce projet de recherche vise le développement de nouveaux systèmes de communication combinant les technologies de diffusion par ondes électromagnétiques actuelles - permettant la transmission de la voix, du texte et de la vidéo - et des systèmes de communication d'informations biochimiques. Soit des appareils hybrides qui pourraient trouver des applications dans le domaine de la télésanté notamment.
Large champ d'application
Le constructeur évoque l'intégration "d'analyseurs biochimiques" ou encore de biopuces dans des téléphones portables. Une combinaison qui permettrait l'analyse d'une goutte de sang ou de salive pour une transmission immédiate à un médecin traitant par exemple. "Une telle technologie peut être utile pour des personnes auto médicamentée. Un problème de responsabilité médicale se pose cependant ", déclare Pierre Monsan, professeur de biochimie à l'INSA Toulouse. Outre la télésanté et la médecine préventive, les domaines de l'environnement et du marketing pourraient être également concernés. Dans ce cadre, la "communication moléculaire" pourrait ouvrir la voie à des applications d'analyse de l'eau ou permettre la mesure de sensations telles que l'excitation, l'émotion. Le système déjà mis au point par NTT DoCoMo permet le transport d'informations via une molécule vectrice, et capable de se déplacer sur un matériau polymère spécifique. Un concept expérimenté avec succès, selon la firme japonaise. Il est d'ailleurs l'objet d'un dépôt de brevet.
Des obstacles à la commercialisation
Cette technique, si elle venait à être appliquées, permettrait de répondre à la difficulté à encoder et/ou transmettre des informations et réactions biochimiques par la voie électromagnétique. Se pose dès lors la question de la commercialisation d'une telle biotechnologie, notamment au sein d'un produit aussi grand public qu'un téléphone portable. "Je suis sceptique quant à la commercialisation de ce type de mobiles. Seule une fabrication de masse permettrait d'en limiter les coûts qui s'avèrent relativement élevés, ce pour une utilité qui reste à prouver", précise Pierre Monsan. Le professeur souligne en outre qu'une totale fiabilité est requise pour la diffusion d'une technologie semblable à la "communication moléculaire". "Quelle que soit l'utilisation, des problèmes sérieux pourraient émerger en cas d'apparition de faux positifs ou négatifs, tout particulièrement pour ce qui a trait à la santé", conclut-il.

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