Le mobile est un outil d'enquête de santé et d'opinion comme un autre

Par 26 novembre 2009
Mots-clés : Smart city

Penn State profite de la spontanéité qu'autorise le portable pour lancer un programme d'étude des interactions humaines : les volontaires font part en direct de leur ressenti émotionnel et physiologique.

L’université de Buffalo avait déjà utilisé les mobiles pour étudier les comportements à risque des adolescents. Des chercheurs de l’université de Penn State se lancent dans cette voie pour étudier l’influence des interactions humaines sur la santé. Les participants devront faire un rapport pour chaque rencontre ayant duré au moins cinq minutes. Ils indiqueront ainsi leur ressenti physiologique et émotionnel, le comportement qu’ils ont adopté durant l’échange et comment ils ont perçu leur interlocuteur. L’objectif étant d’étudier en quelle mesure certaines interactions amènent à des comportements à risque, par exemple la consommation d’alcool. Le but est de mieux définir les programmes de prévention, entre autres ceux liés à la dépendance. Plutôt que de leur faire remplir un questionnaire, ils utiliseront un smartphone à écran tactile et une application spécialement prévue pour poser les questions appropriées.
Adapter les enquêtes au format mobile
L’intérêt est de permettre aux participants de réagir quelques minutes à peine après la rencontre. "Cela permet des réponses plus spontanées", confirme à L’Atelier Fabien Souletie, directeur général de Conversoft. Une possibilité qui n'a pas échappé aux professionnels du marketing et du sondage. "Les sondeurs utilisent le mobile pour obtenir une réaction à chaud". Selon Fabien Souletie, les sondeurs l’ont en effet adopté de longue date. Pourquoi ? "Parce qu'il est possible de faire des enquêtes liées à la vidéo ou à l’image jusqu’ici réservées aux études sur Internet", poursuit le directeur général. "Dans ce cas on adapte le matériel au format mobile". Et cela ne se passe pas sans contraintes. "Il y a toujours la question de savoir quel téléphone possède la personne interrogée, et de savoir si elle capte le réseau". Impossible donc d’effectuer des enquêtes dans le métro.
Les enquêtes sur mobile pas encore vécues comme intrusives
Pour l’instant, même quand elles ne s’intéressent pas à un groupe de volontaires comme c’est le cas de l’initiative de l’université de Penn State, de telles enquêtes ne semblent pas être vécues comme intrusives. "Les enquêtes sur mobile rencontrent une plus grande adhésion que celles sur Internet", explique Fabien Souletie. "Le lien est plus fort entre l’enquêteur et la personne sondée". Pour lui, l’explication tient au fait que les utilisateurs sont encore peu sollicités sur leur mobile. Par ailleurs, les sondages sur ce canal sont tributaires d’un accord préalable et plus ou moins tacite de l’utilisateur. Une situation qui pourrait évoluer. "Le jour où ils recevront quinze textos commerciaux par jour, les utilisateurs seront beaucoup plus réticents", conclut-il. "C’est déjà le cas en Asie".

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