Quand les mobiles collaborent contre la menace terroriste

Par 23 janvier 2008
Mots-clés : Smart city, Asie-Pacifique

Equipés de détecteurs, les téléphones mobiles des citadins pourraient constituer un réseau d'alerte efficace contre la menace d'attaque nucléaire.

Après la mesure de la pollution, des capteurs intégrés à des téléphones portables en réseau pourraient constituer un système de détection efficace de l'imminence d'une attaque terroriste à la bombe radiologique "sale" et nucléaire. C'est ce que pense une équipe de l'université de Purdue, qui travaille sur un système de détection intégré à un logiciel capable de repérer toute trace de radiation ou de matériau radioactif. Les combinés mobiles embarquant le dispositif, dotés de fonctions de géolocalisation, jouant ainsi le rôle de détecteur permanent. Le tout, à bas prix. "L'omniprésence du mobile et des appareils électroniques portables donne toute sa valeur au système", souligne Ephraim Fischbach, professeur de physique à l'université.
La collaboration fait la force
Dès qu'une menace est détectée, le logiciel transmet un signal à un centre de données, qui envoie lui-même l'information aux autorités les plus proches. Le tout, sans alerter le propriétaire du mobile à proximité de la source radioactive ou chimique. En clair : si une voiture transportant du matériel radioactif passe à proximité de plusieurs personnes, leurs téléphones enclencheront immédiatement l'alerte. Selon les concepteurs du projet, plus le nombre de personnes possédant un téléphone intégrant le détecteur est important, plus le système est fiable. Dans les grandes villes, cibles premières des terroristes éventuels, son efficacité devrait donc être maximale. "Les capteurs ne peuvent véritablement détecter à eux seuls une source de radiation", rappelle Ephraim Fischbach.
Des points encore à affiner
"C'est l'action collective de ces capteurs, combinée aux capacités de notre logiciel, qui repère le danger". Le logiciel utilise ensuite l'ensemble des données en provenance des mobiles pour localiser avec le plus de précision possible l'engin dangereux. Autre avantage de ce système en réseau : il est capable de détecter la proximité d'une personne de la source radioactive. Ce, en envoyant un signal de plus ou moins grande intensité. Un premier test a été effectué au mois de novembre, qui s'est révélé plutôt concluant : les capteurs ont repéré une faible source de radioactivité à moins de quinze pieds de distance. Certains points restent encore à développer, comme l'entraînement du système pour qu'il ignore les sources radioactives connues comme celles présentes à proximité des hôpitaux.

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