"Le mobilier urbain augmenté n'a de sens que s'il a une utilité avérée"

Par 24 mai 2012 Laisser un commentaire
Albert Asseraf

Inutile de vouloir rendre l'espace public numérique à tout prix : il faut que chaque ajout de service ou de technologie réponde à un véritable besoin pour être adopté.

Entretien avec Albert Asseraf, Directeur Général Stratégie, Etudes et Marketing France chez JC Decaux, à l'occasion du New Cities Summit qui se tenait 14 au 16 mai 2012 à Paris-La Défense.

Comment la technologie intègre t-elle l'espace public ?

Après avoir irrigué tous les lieux fermés tels que le bureau, la maison ou les aéroports, le digital va effectivement irriguer l'espace public. On voit d'ailleurs apparaître, en ville, des écrans digitaux. Mais encore faut-il qu'elle soit utile. Car le mobilier urbain augmenté n'a de sens, dans l'espace public, que s'il a une utilité avérée répondant au plus grand nombre. Sinon, il encombre l'espace public. Il doit donc répondre aux attentes concrètes de ceux qui s'y trouvent, à savoir avoir de plus en plus d'information, en temps réel, et surtout la bonne information au bon moment. Demain, le smartphone sera une commodité, et les personnes voudront avoir accès à du wi-fi gratuit partout où ils se trouvent. Il faut donc apporter plus que ce que l'on a dans la poche grâce à son smartphone. C'est par exemple ce que JC Decaux a voulu faire avec les décodeurs urbains à Paris en offrant des applications que l'on ne trouve pas sur smartphone, car ce qu'a développé Apple avec son magasin d'applications devient une référence. Ce mobilier peut proposer, par exemple, en fonction du temps disponible, un itinéraire pour découvrir un quartier.

Est-ce que ces nouveaux mobiliers urbains pourraient changer notre environnement ?

Dans une ville, il y a deux types d'espace. D'abord, les lieux d'attente, comme les abribus avec éventuellement un accès à de nouveaux services. Ensuite, des lieux de repos ou de travail. Aujourd'hui, à Paris par exemple, si l'on veut travailler ou se reposer, il y a la maison, les bancs publics peu nombreux ou les cafés. Et la technologie peut créer des espaces et des nouveaux usages. C'est le cas de l'Escale Numérique, situé au rond-point des Champs-Elysées, qui est un territoire connecté pour se reposer, travailler ou consulter des informations, développé dans le cadre de l'appel à projets de la Ville de Paris. JC Decaux a également pensé au divertissement par exemple, puisque nous installerons également deux tables numériques dans un jardin public permettant d'accéder à des applications de jeu. Et puis la technologie peut également participer à reformer une vie de quartier. Nous avons inauguré le e-village à la Gare de Lyon, un ensemble de mobiliers interactifs d'informations et de petites annonces très locales. Donc ça pourrait devenir un lieu d'échange et pourquoi pas de transaction.

Quel est le rôle de chaque acteur ?

D'abord il y a bien sûr la ville qui décide si oui ou non elle lance un appel à projet, pour quel type de projet et pour quels usages, c'est-à-dire en analysant les attentes des citoyens pour pousser à l'innovation. Bien sûr, une entreprise comme JC Decaux est prête à y participer puisque c'est notre métier. Et puis ensuite, il faut trouver un modèle économique. Le nôtre c'est le financement intégral par la publicité, sans coût pour la collectivité. Ce qui aurait un impact important pour les annonceurs qui, grâce à la géolocalisation, pourraient diversifier leur communication en fonction de l'endroit par exemple. Bien sûr, en respectant la vie privée et l'espace public grâce à des services utiles.

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