Le mot à la mode c'est convergence : entre télévision et Internet s'entend.

Par 25 février 1999
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Cette convergence technologique vient du fait que la numérisation standardise l'information et abolit les distinctions traditionnelles entre les supports, les modes de diffusion et les acteurs. ...

Cette convergence technologique vient du fait que la numérisation
standardise l'information et abolit les distinctions traditionnelles entre
les supports, les modes de diffusion et les acteurs.
Convergence ou concurrence ? Lors d'une conférence du Milia consacrée à la
télévision interactive, Alain Staron, directeur du bouquet de télévision
par satellite TPS n'hésitait pas à déclarer "TPS enregistre 70 millions de
pages vues sur sa chaîne météo, soit plus que Yahoo.fr". Philippe
Brawerman, président de Reef et fondateur du cyberthéatre de Bruxelles,
producteur des premiers programmes de télévision sur Internet déclarait au
cours de cette manifestation "les gens de la télé s'imaginent qu'il suffit
de tout numériser pour être présent sur Internet. Le Net répond aux
besoins de l'individu, pas la télévision qui obéit à la logique de la
diffusion de masse".
Même au sein d'une chaîne de télévision, c'est tout juste si les équipes
du satellite ne boudent pas celles d'Internet.
La réglementation présente également ses aberrations territoriales. Ainsi
un site Internet français peut diffuser plus de 50 % de son contenu en
langue anglaise, mais pas une émission de télévision. Une chaîne
francophone ne peut pas être diffusée en Flandre. Les émissions de
téléachat sont aussi limitées par la législation européenne. Toutefois, le
mur commence à tomber entre ses deux mondes, comme vient de le prouver la
fusion entre Lycos et la chaîne de téléachat Home Shopping Network.
Avec l'interactivité, le téléspectateur cesserait d'être passif. TPS
propose à ses abonnés par exemple de consulter la météo, leur compte en
banque, de passer des ordres de Bourse, de faire leurs achats dans une
galerie marchande. Des bouquets comme la chaîne publique allemande ARD et
la BBC étudient actuellement de nouvelles fonctions, comme la
personnalisation des programmes.
Bien que limités aux capacités de débits, ces nouveaux services vont
s'étendre. Philippe Brawerman explique "le satellite permet une diffusion
à haut débit, mais la voie de retour qu'utilise le téléspectateur pour
transmettre des données est beaucoup plus faible. Ce qui consacre le côté
passif du spectateur à la différence du Net". Plus nuancé, Etienne
Grande, PDG de NPTV, une jeune entreprise spécialisée dans la télévision
interactive, indique "les internautes sont habitués à être plus actifs.
L'interactivité est un plus pour la télé, ce n'est pas la clef de voûte du
système. Passer un ordre de Bourse ne nécessite pas beaucoup de bande
passante et c'est très interactif".
Le débat est loin d'être tranché d'autant que les fameuses set top box
permettant de se connecter à Internet depuis un téléviseur et les
décodeurs permettant de recevoir des bouquets satellites n'ont pas de
passerelle. Président du W3X, Jean-François Abramatic résume "quand on est
dans le monde de la télévision, on veut aller dans celui de l'Internet
sans se lever pour aller dans la pièce d'à côté. L'utilisateur veut

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