Quand le monde virtuel soigne les phobies sociales

Par 28 avril 2009 3 commentaires

Plonger un patient dans un monde virtuel qui reproduit ses phobies, afin de l'aider à les surmonter est efficace : une chercheuse suisse a tenté l'expérience via un système de capteurs et d'eye-tracking.

Exposer les gens qui souffrent de phobies à celles-ci via des solutions de réalité virtuelle est un moyen de les traiter. Voilà le constat tiré par Helena Grillon, une chercheuse de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne*. Celle-ci, qui travaille sur la capacité des outils virtuels à soigner certaines phobies sociales, a mené une expérience plongeant des patients dans un environnement reproduisant une situation ou un élément stressants. "Des personnes ont été exposées durant huit séances à un monde virtuel par casque, doublé d'un système de capteurs" explique la chercheuse. Le phobique se trouvait alors confronté à diverses situations, comme un entretien d'embauche, une prise de parole en public, une discussion dans une cafétéria...
L'eye-tracking, outil fiable pour les thérapeutes ?
L'outil suivait les gestes du patient, pour le faire évoluer dans cet univers virtuel. Avant et après cette série de séances, l'équipe a analysé l'évolution des comportements visuels du phobique, via un système d'eye-tracking, devant grand écran. Pour la chercheuse, l'eye-tracking pourrait devenir un outil de diagnostic et d'évaluation de la phobie sociale plus fiable pour les thérapeutes, que les formulaires utilisés à l'heure actuelle. Pour optimiser l'outil de thérapie, l'équipe s'est attachée à rendre les personnages du monde virtuel les plus réalistes possibles. Non seulement en ce qui concerne leur apparence, mais également au niveau de leur comportement.
Rendre les personnages virtuels réalistes
" Nous avons fait en sorte que l'interlocuteur virtuel puisse sembler attentif et intéressé, lorsqu'il est regardé par le patient. Au contraire, lorsqu'il n'y a pas de contact visuel, il est programmé pour regarder sa montre ou encore lire un journal" continue Helena Grillon. L'objectif : pousser le patient à réagir, et "lui faire comprendre qu'il a la capacité de rentrer dans un cercle vertueux, d'intéresser les gens". Prochaine étape pour la chercheuse : une installation comprenant trois murs et un sol retro-projetés, pour plonger les patients agoraphobes dans une foule. Les résultats de l'expérience ont été présentés à l'occasion du Laval Virtual.
*VRLab de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, dirigé par le Professeur Daniel Thalmann

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3 Commentaires

Bonjour!
Une question en lisant ces lignes: lorsque c'est le monde virtuel qui peu à peu a entraîné la phobie sociale, ce même monde virtuel peut-il reconduire vers le réel?

Soumis par Ostiane (non vérifié) - le 04 juin 2009 à 12h51

oui en effet, c le jeu du manipulateur qui a monté et anticipé son scénario, qui a posé ses pièges et c le même manipulateur qui vous aidera à aller mieux, puisqu'il connait les tenants et les aboutissants de son scénario dans le but bien sûr de faire marcher le commerce! Cela s'appelle la psychologie ou petites manipulations à l'insu des honnêtes gens.....Pour plus d'infos me contacter genevvie3@hotmail.fr

Soumis par POUTAS (non vérifié) - le 11 septembre 2009 à 10h31

rectification: genevive3@hotmail.fr

Soumis par POUTAS (non vérifié) - le 11 septembre 2009 à 10h32

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