Des mondes virtuels plus réels rendent-ils le salarié plus productif ?

Par 31 octobre 2008

Du degré de réalisme des univers de travail basés sur des logiciels dépend la qualité de compréhension de l'information qui y est publiée. Un outil dédié est capable de le mesurer, mais les résultats sont contestés.

Le niveau de ressemblance entre un outil d'apprentissage numérique et le monde réel a un impact sur la capacité d'un salarié à intégrer l'information qui lui est proposée. La conclusion est tirée par l'université de Caroline du Nord, qui a développé un outil permettant de mesurer le degré de réalité de tels univers. Celui-ci, baptisé Perceived Virtual Presence, étudie comment les utilisateurs interagissent avec l'environnement qui leur est proposé. Sont aussi monitorés le travail qu'ils doivent accomplir et les individus avec lesquels ils doivent communiquer. "Nous utiliserons notre système pour déterminer quel niveau de PVP est le plus approprié à la formation, et quel autre convient mieux pour la tenue de réunions à distance", souligne Mitzi Montoya, la chercheuse à l'origine du projet. Le but étant de proposer ensuite des environnements correspondant exactement à un besoin et à une entreprise.
Les univers virtuels ont-ils vraiment besoin de réalisme ?
"Ressentir le besoin de développer de tels systèmes ne m'étonne pas", commente Pierre Chapignac, analyste des impacts sociétaux des nouvelles technologies au cabinet Rivière Consult Associés pour L'Atelier. "Tous ces éléments virtuels et dématérialisés ne sont pas des outils fluides que l'on utilise encore naturellement en entreprise". Trouver les moyens d'optimiser les univers de travail virtuels augmenterait du coup la productivité et l'efficacité des salariés. Encore faut-il être persuadé que ces mêmes salariés ont besoin de retrouver dans les univers pervasifs des éléments et des moyens de communiquer qui se rapprochent de leur quotidien. Un point de vue que ne partage pas Pierre Chapignac. "Il ne me semble pas qu'il faille reproduire un environnement à l'identique pour mieux comprendre et intégrer une notion. Ce qui est important, c'est de s'en approcher, de créer un réalisme relatif".
Repenser les relations selon la situation
Ce qui implique une réflexion plus méthodologique que technique du problème, avec la nécessité de comprendre ce nouvel environnement et de s'y adapter. "Il ne faut pas imiter le réel, mais trouver de nouvelles règles et repenser les relations selon la situation", continue l'analyste. Qui conseille d'alterner réunions physiques et virtuelles, afin de faire du média un complément. Autre prérequis : structurer les échanges. Un peu comme dans le cadre d'une conversation téléphonique, où les interlocuteurs, privés de certaines informations non verbales, doivent remplacer ce qu'ils ne voient pas par de l'information. D'autant que chercher à retrouver dans un cadre virtuel une expérience qui s'applique dans le monde physique peut se révéler très coûteux, en temps et en argent. "Il faut se demander si le coût financier de ce type d'échanges n'est pas rédhibitoire face à d'autres méthodes", conclut Pierre Chapignac.

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