Dans les mondes virtuels, des repères communs facilitent la collaboration

Par 29 mars 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

L'emploi de marqueurs spatiaux clairement identifiables par l'ensemble des participants les aide à se construire une représentation commune de l'espace au sein d'univers en 3D.

Les environnements virtuels en trois dimensions ne facilitent pas encore tous les modes de collaboration. C'est notamment le cas de la manipulation d'objets ou de l'apprentissage de gestes techniques. Pour une équipe de chercheurs nantais*, c'est la représentation spatiale de l'univers qui est en cause : tous les participants ne perçoivent pas l'environnement virtuel dans lequel ils évoluent de la même manière. Pour palier cela, ils ont étudié l'impact de l'utilisation de marqueurs visuels. Les chercheurs expliquent que lorsque des personnes cherchent à accomplir une tâche de manière collaborative, elles ont besoin de points de référence communs. "Le développement d'une vision partagée de l'espace et de l'objectif à accomplir est important", confirme à L'Atelier Ian Hughes, directeur de Feeding Edge.
Des repères visuels pour partager une vision commune de l'espace
"C'est un glissement mental de 'regarde comme je vois ça' à 'regarde ça avec moi'", poursuit-il. Pour le montrer, les chercheurs ont mené une expérimentation dans un espace virtuel où des étudiants devaient résoudre une sorte de puzzle 3D par paires. Le seul indicateur de la présence et de la position des participants - qui n'étaient pas représentés par un avatar - était la couleur des pièces qu'ils manipulaient. De plus, leur point de départ dans l'espace virtuel était différent. Ils étaient en revanche autorisés à changer d'angle de vue et à communiquer verbalement. "Cette possibilité de mixer les modes de communication est importante", explique Ian Hughes. "L'efficacité de la collaboration dépend également de la possibilité de montrer ce que vous avez en tête".Dans un premier cas, la pièce était dépourvue de repère commun, en dehors des pièces du puzzle. Dans un second cas, un avatar immobile se tenait au milieu de la pièce, constituant un "marqueur visuel stable".
Favoriser la référence à un schéma de référence allocentrique
Même si la performance globale des équipes n'a pas été vraiment affectée par la présence ou l'absence du personnage, les chercheurs expliquent que le repère commun a eu pour effet de faire travailler beaucoup plus les groupes concernés depuis un même point de vue. Pour les chercheurs, cela prouve que l'emploi de marqueurs visuels augmente la capacité des individus à se référer à un schéma de référence allocentrique, c'est-à-dire indépendant de leur propre localisation. Lors de travaux ultérieurs, les chercheurs envisagent d'étudier l'impact du recours à des avatars pour représenter les participants. Pour Ian Hughes, cette étape sera importante. "Dans les environnements à avatars multiples, votre position est un indicateur de ce que vous regardez", explique-t-il. "Cela facilite la négociation".
* L'Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes, l'Ecole des Mines de Nantes et l'université de Nantes ont participé au projet.

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