Quand "monnaie virtuelle" rime avec "criminelle"

Par 05 octobre 2011
virtualmoney

Selon une étude du cabinet XMCO, la cyber-criminalité se serait prise d'affection pour les "monnaies virtuelles". Le temps des billets sous la table est bien loin...

Quand on me parle de "monnaies virtuelles" sur Internet, je pense automatiquement aux fameux "gilsellers" et autres "goldfarmers" présents sur l'ensemble des MMORPGs (jeux de rôle massivement multi-joueurs en ligne). Vous savez, ces petits chinois qui vivent à 15 dans 25m² et jouent 18h par jour, en relai, pour amasser de l'argent virtuel et vous le revendre contre piécettes sonnantes et trébuchantes. Depuis des années et l'expansion galopante de ce type de jeux à travers le monde, les triades s'en servent comme une nouvelle source de revenus.

Visiblement, le concept a fait son chemin et les "monnaies virtuelles" pullulent à présent sur Internet. Mais là, il n'est plus question de jouer. Des sociétés situées dans des pays comme le Costa Rica créent des portefeuilles immatériels, susceptibles de stocker ces monnaies virtuelles, distribuées par d'autres compagnies. Le système fait fureur dans des zones géographiques où la carte bleue n'est pas encore bien implantée comme en Russie. De petites machines, ressemblant à s'y méprendre à des distributeurs, permettent de transformer ses pièces et billets en cyber-argent, utilisables en ligne ou grâce à des cartes prépayées.

Si l'initiative semble louable, ces transactions se révèlent bien souvent être intraçables par les autorités ou les banques. Une aubaine donc pour les blanchisseurs d'argent de tout poil et les organisations criminelles qui ont trouvé là un moyen idéal de faire disparaître certains de leurs revenus illicites sur la toile. Et les fournisseurs de "monnaies virtuelles" en profitent : si vous voulez vous lancer dans des commerces louches et dangereux ou engager des tueurs à gages, laissez tomber les dollars et les euros, pensez Liberty Reserve !

Finalement, entre les triades chinoises d'un côté et la mafia russe de l'autre, je me demande quelle option est la plus attrayante. On va peut-être finir par se remettre au troc...

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