Mort annoncée des Youtubes chinois ?

Par 09 janvier 2008

A partir du 31 janvier 2008, les vidéos sur Internet en Chine pourraient faire les frais de la censure chinoise. A cette date, entrera en vigueur une nouvelle réglementation présentée le 29 décembre dernier par la SARFT (State Administration of Radio Film and Televison) ainsi que par le Ministère de l’Industrie de l’Information de Chine (MII). Aux termes de celles-ci, seules les sociétés contrôlées par l’Etat auront le droit d’opérer des sites Internet diffusant des vidéos. Elles devront obtenir une licence de diffusion, renouvelable tous les 3 ans. Vont être touchés par cette nouvelle réglementation tous les sites Internet de diffusion et de partage de vidéo que l'on appelle les "Youtube's like", en référence au leader mondial du secteur, l'américain Youtube.com. Parmi ces startups chinoises figurent : Youku.com, TuDou, YoQoo, Pomoho, Mojiti, UUme, Wangyou,56.com, mofile.com, 5show.com, 6rooms.com

Quand le "code moral du socialisme" s'applique au Web 2.0 Comme pour le cinéma et la télévision, le contenu devra être conforme au "code moral du socialisme", avec un certain nombre de restrictions, portant notamment sur la violence, le sexe, les secrets d'Etat et l'atteinte à l'unité du pays. "Ces règles ont été formulées pour sauvegarder les intérêts de la nation et du public et le développement sain et ordonné du secteur audiovisuel", indique le texte officiel. La plupart des sites chinois de partage de vidéos tels que Youku, Tudou, 56.com mais aussi les sites étrangers tels que YouTube (non encore décliné en chinois), seront impactés du fait de leur statut juridique : entreprises privées ou étrangères. “Il est irréel à court terme de pouvoir changer le statut juridique en "société d'Etat" pour tous les sites de vidéos", relèvent des observateurs. "Ces sites pourraient louer une licence pour continuer à exercer leurs activités". Une mesure très critiquée Certains titres de la Presse chinoise n'hésitent pas à critiquer ouvertement cette censure. Le quotidien Southern Metropolitan Daily s'insurge : "Nous avons besoin de politiques industrielles qui poussent au développement de telles technologies qui apportent la prospérité et transforment la civilisation. Mais nous n'avons pas besoin de ce genre de vision étroite datant de l'époque de l'économie planifiée". Quant à Liu Bin, analyste chez BDA China, une société d'études spécialisée dans les médias, il estime que "les sites Internet de partage de vidéos sont devenus un média très influent. Le gouvernement sent donc qu'il doit renforcer son contrôle". En octobre dernier, RSF (l'association Reporters sans frontières) avait demandé aux autorités chinoises de cesser de "bloquer des milliers de sites Internet, de censurer l'information sur le web et d'emprisonner des internautes", évoquant un système de censure "qui n'a pas d'équivalent dans le monde" et qui "est une insulte à l'esprit de liberté du Web". RSF a manifestement été ignorée... [via : Tech QQ et Echosdunet] L’Atelier Asie - BNP Paribas Web : http://asie.atelier.fr Wap : http://asie.atelier.mobi

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas