Les mots à connotation positive rapprochent, même s'ils sont moins signifiants

Par 13 juin 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
positive words

Sur le web, les individus auraient tendance à privilégier certains idiomes, dont le contenu émotionnel sous-jacent est fort. Le but : faciliter les interactions sociales, même de manière inconsciente.

Alors que de nombreux chercheurs se sont appuyés sur la longueur d'un mot ou ce qu'il contient d'information pour comprendre la fréquence de son emploi, David Garcia et son équipe de chercheurs de l'ETH Zurich ont choisi de se tourner vers la charge émotionnelle de celui-ci. Ils ont ainsi découvert que serait présente en chacun des individus une partialité émotionnelle en ce qui concerne le processus de communication écrite. Ainsi, il existerait un besoin chez l'homme d'employer majoritairement des termes à connotations positives. Et cela, certainement dans le but de faciliter les interactions sociales. Des conclusions qui peuvent se révéler intéressantes pour améliorer les communications sur le web, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Pour en venir à une telle conclusion, l'analyse des chercheurs s'est effectuée en deux temps.

Plus positif que négatif mais moins de contenu

Le premier fut de travailler sur un ensemble de données issues de conversations en ligne, et en particulier sur des textes présents sur des blogs, des chats et des forums. Ils ont alors effectué une analyse quantitative des termes utilisés dans ces conversations pour connaître ceux les plus usités. Dans un second temps, ils ont soumis les mots qui revenaient le plus souvent dans les conversations à un panel d'individus afin qu'ils donnent leurs impressions, négatives ou positives, envers ceux-ci. Il en ressort que les termes les plus souvent employés dans les conversations écrites sont majoritairement positifs. Autres constatations des chercheurs : ces mots ne seraient néanmoins que très peu porteurs de contenu à la différence des termes considérés comme émotionnellement négatifs. Laissant donc entendre qu'ils seraient des facilitateurs d'interactions sociales.

Quand les marques adaptent leur langage

Alors quel intérêt pour les marketeurs ? Selon Antoine Dupin, consultant en médias sociaux, ces découvertes entrent dans la logique communicationnelle actuelle qu'ont les entreprises. "Il est souvent recommandé, dans la définition d’une stratégie de communication sur les médias sociaux, d’observer les comportements des consommateurs en ligne afin d'être efficient dans sa ligne éditoriale", explique t-il à L'Atelier. Cette dernière devra répondre à certains "codes" afin de susciter une certaine forme d'adhésion. Et cela devrait donc passer par l'utilisation de ce vocabulaire positif qui leur est propre. Car sinon, "c’est peut-être courir le risque de créer une distance qui n’a lieu d’être dans des mécanismes relationnels". Reste que, souligne le consultant, si la question du type de langage est importante, elle n'est pas le centre. "Il ne faut pas se focaliser uniquement sur le langage, ce serait une erreur, mais bien sur ses contenus. Ce sont eux avant tout qui devront répondre au public cible".

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