Multiplier les liens faibles ne rend pas forcément l'utilisateur plus fort

Par 16 janvier 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Etudiants

Cultiver des relations, même faibles, avec des individus très diversifiés sur les réseaux sociaux, ne serait pas forcément un indice d'adaptation à différents réseaux et de performance.

Avoir un réseau social très diversifié pousse t-il à l’éparpillement ? C’est ce que tendrait à montrer une étude menée auprès d’un public estudiantin par des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego, en partenariat avec les laboratoires Hewlett-Packard à Bristol. Les chercheurs sont partis du rapport très connu de Mark Granovetter sur les réseaux sociaux, “Strength of weak ties”, à savoir “la force des liens faibles”, publié en 1973. Pour Granovetter, comme le résume Wikipedia, un réseau se compose de liens forts et de liens faibles. Les liens forts sont, par exemple, ceux que l'on a avec des amis proches. Ces relations sont soutenues et fréquentes. À l'inverse, les liens faibles sont faits de simples connaissances. Les liens faibles sont dits "forts" dans la mesure où, s'ils sont diversifiés, ils permettent de pénétrer d'autres réseaux sociaux que ceux constitués par les liens forts.

Les liens faibles, faibles ?

Jusque là, les liens faibles pouvaient aider à être performants. Seulement voilà. Les résultats des recherches ici auraient plutôt tendance à démontrer le contraire. Les sociologues californiens ont travaillé sur un échantillon de 290 étudiants en Université, qui représentent près de 80 000 interactions (entretien via leur réseau social, virtuel ou réel). Résultat : la diversité sociale, si bénéfique dans la théorie de Granovetter, n’est ici pas synonyme de succès scolaire. En clair, les étudiants aux meilleurs notes (liens forts), interagiraient uniquement avec des pairs de même niveau, mais de manière régulière et soutenue. “Cet effet est renforcé plus l’étudiant est de bon niveau”, notent-ils. De leur côté, ce seraient les étudiants de plus faible niveau qui initieraient de nombreuses interactions éphémères et vers des populations plus variées.

La théorie des liens faibles ne fonctionne pas

“La diversité du réseau social semble être une signature pour les étudiants de faible niveau”, assurent les chercheurs. Les liens faibles ne seraient donc pas synonymes de performance, tout du moins scolaire. Reste à savoir si les étudiants de bon niveau sont bons parce qu’ils ont un réseau social homogène et soutenu, ou si, simplement, ils restent dans un environnement de travail sérieux. Selon les chercheurs, de tels travaux visent à aider à bâtir de meilleures stratégies d’interaction et, du coup, de formation. En passant, les chercheurs avancent qu’il s’agit là de la plus large étude de ce type menée à ce jour, puisqu’elle se baserait sur un échantillon trois fois supérieur à ce qui a été fait jusque là.

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