Musique en ligne : une étude prétend que les Européens sont trop taxés !

Par 14 octobre 2005
Mots-clés : Future of Retail

Une étude de la BSA (Business Software Alliance) affirme que les Européens sont trop taxés pour se laisser aller à utiliser les systèmes de téléchargement payants de musique. Les systèmes de DRM...

Une étude de la BSA ( Business Software Alliance ) affirme que les Européens sont trop taxés pour se laisser aller à utiliser les systèmes de téléchargement payants de musique. Les systèmes de DRM ( Digital Rights Management ) rendraient caduques les taxes perçues au nom du droit à la copie privée.

Deux taxes sinon rien

Ces taxes ont été instaurées pour compenser les pertes financières des maisons de disque liées au piratage et la quasi-totalité de ces taxes leur est reversée. La BSA estime que les consommateurs paient alors deux fois la musique qu'ils téléchargent sur les services légaux : une fois lors de l'achat et une seconde lorsqu'ils acquièrent un baladeur ou tout autre matériel soumis à la taxe sur la copie privée.

La BSA s'appuie sur les chiffres fournis par l'association allemande Bitkom, qui affirme qu'un foyer moyen paye jusqu'à 150 euros de taxes lorsqu'il s'équipe en produits high-tech (ordinateurs, baladeurs, graveurs, CD vierges, etc.). Un consommateur qui achète de la musique en ligne paye pour avoir le droit de l'écouter comme bon lui semble. Mais il paye également pour avoir le droit de l'écouter sur un baladeur ou de la transférer sur un CD.

Si les consommateurs estiment s'être acquittés de leur redevance en achetant leurs matériels, pourquoi iraient-ils sur les plateformes légales plutôt que sur les réseaux de peer-to-peer ?

Des disparités aberrantes

En France, la taxe sur la copie privée donne lieu à quelques belles aberrations. Comment expliquer qu'un iPod Nano de 4 gigaoctets soit taxé 51 euros alors qu'un iPod vidéo de 60 gigaoctets n'est taxé que 23,93 euros ?

La mémoire flash est taxée 0,34 euros par tranche de 32 mégaoctets, soit 51 euros pour 4 gigaoctets. Un baladeur à disque dur de la même capacité ne serait taxé qu'environ huit euros ! Rapportée aux tarifs actuels, la taxe représente donc près de 15 % du prix d'achat d'un baladeur à mémoire flash.

Ces disparités remontent en fait à 2001 : à l'époque, la mémoire flash n'était utilisée qu'en de faibles quantités dans les baladeurs : 64, voire 128 mégaoctets. Le surcoût pour le consommateur restait donc presque transparent. Mais avec l'avènement de baladeurs à plus grande capacité comme l'iPod Nano, il prend des proportions ahurissantes.

Les barèmes appliqués aux différents formats de stockage utilisés dans les baladeurs numériques devraient être révisés un jour. Souhaitons que ce jour-là, les industriels jouent la carte de la transparence au niveau des tarifs !

(Atelier groupe BNP Paribas - 14/10/05)

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