MySpace et YouTube hébergent les bloggeurs dissidents

Par 12 juin 2008

Les bloggeurs qui résident dans des pays autoritaires passent désormais par les réseaux sociaux pour s'exprimer. Ceux-ci permettent un meilleur anonymat au moment où le nombre d'arrestations augmente.

Dans les pays où la liberté est réduite, le blog représente souvent un moyen alternatif de s'exprimer. Sauf que, selon l'université de Washington qui s'est penchée sur la question, les arrestations de bloggeurs se multiplient : en 2007, il y en aurait eu trois fois plus d'arrestations que l'année précédente. Et depuis 2003, soixante quatre citoyens indépendants de toute société de presse et d'information ont été arrêtés pour leur activité de blogging. Ce, selon des motifs d'inculpations divers. Face à ce renforcement des interdictions, les internautes sont de plus en plus nombreux à blogger anonymement. Encore plus efficace : la publication de commentaires écrits ou vidéo sur des réseaux comme MySpace ou YouTube.
S'exprimer anonymement sur les réseaux
Il est en effet plus difficile de remonter l'identité du posteur sur ces sites. Et autant dire que ces précautions sont loin d'être superflues. Les peines écopées par ces cyber-citoyens vont de quelques heures jusqu'à huit ans d'emprisonnement. En règle générale, ils s'expriment sur la politique menée par leur pays. Les thèmes qu'ils abordent concernent notamment la corruption bureaucratique, ou encore la non reconnaissance des droits de l'homme. Les pays où la répression est maximale sont l'Egypte, l'Iran et la Chine. Ils comptabilisent à eux seuls plus de la moitié des arrestations. "De plus en plus de citoyens s'expriment en ligne, et sont réprimés pour cela", note Phil Howard, un professeur en communication de l'université de Washington.
Des bloggeurs réprimés pour l'exemple
Pour lui, ces internautes représentent l'occasion rêvée pour les gouvernements autoritaires de faire montre de leur pouvoir de répression. Et donc de véhiculer un message de peur. Reste que les pays les plus épinglés ne sont pas les seuls à réprimer les cyber-citoyens : un Canadien, Charles Leblanc, serait ainsi passé derrière les barreaux pour avoir publié sur son blog la photographie d'un bulletin de protestation politique. A noter : pour effectuer leur recensement, les chercheurs ont étudié les bulletins d'informations publiés dans les journaux, sur Internet, à la TV et à la radio. Ils ont ensuite analysé et classé ces données, pour obtenir des statistiques sur la durée d'emprisonnement ou encore le motif.

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