La navigation GPS mobile pas adaptée à l'Afrique

Par 29 janvier 2010
Mots-clés : Smart city, Afrique

Navmii décline une version iPhone de son système de navigation pour le marché nigérian. Une application qui ne concerne qu'une infime partie de la population : le marché des smartphones n'est pas celui du portable.

Navmii annonce la disponibilité d'une application de navigation iPhone éponyme dédiée au marché nigérian. Une telle initiative est-elle symptomatique du marché mobile en Afrique ? "Le Nigéria est un pays qui s'est très vite mis au mobile",note Peter Atalla, PDG de Navmii. Ce constat laisse sceptique Stéphane Boyera, responsable de projets web pour la World Wide Web Foundation. "Il ne faut pas confondre le développement des téléphones portables, très répandus dans quasiment toutes les classes sociales, et celui des smartphones tels qu'en possède la classe moyenne dans les pays développés". Ces derniers étant encore confidentiels dans des pays comme le Nigeria. "Cette application ne concerne que 0,01 % des Nigérians. Soit à peu près le nombre de personnes possédant un smartphone", ajoute-t-il. Pour la population locale, cela ne répond du coup pas à un besoin. Ce qui l'est plus, c'est d'accélérer la cartographie des régions, notamment à des fins de développement.
Un usage du smartphone très confidentiel
"La cartographie est à la base de nombreux services : applications de localisation de points d'eau potable ou de cartes de propagation de maladies", ajoute Stéphane Boyera. Autant de services qui pourraient être accessibles depuis un mobile. Reste à savoir si des solutions comme celle de Navmii pourraient accélérer ce mouvement dans des pays où de nombreuses zones ne sont pas répertoriées. Ce, en encourageant d'autres acteurs à cartographier les lieux et proposer leurs solutions. "Navmii est la première application de navigation mobile créée spécifiquement pour le marché nigérian. C'est une opportunité d'étendre les capacités de ces téléphones dans les domaines de la navigation", ajoute Peter Atalla. Là aussi, Stéphane Boyera nuance. "Dans l'absolu, c'est vrai. Mais dans la pratique, il faut savoir que les entreprises qui font des systèmes de navigation produisent des cartes au format propriétaire".
Valoriser le crowdsourcing pour cartographier ?
Et d'ajouter : "Au final, il n'y a pas encore de retombées sur la population". Selon lui, les services à valoriser pour cartographier les régions sont plutôt ceux qui s'inspirent du crowdsourcing, à l'image d'Open Street Map. "Dans le bidonville de Kibera, près de Nairobi, de nombreuses personnes ont donné des indications sur leur lieu de vie, permettant de dresser une cartographie plus exhaustive des lieux", conclut-il. Pour lancer son application sur les iPhone nigérians, Navmii s'est rapprochée du distributeur Telecgsm, et de l'éditeur de logiciels de navigation satellite GeoLife. Le système est aussi disponible sur les téléphones Nokia et ceux sous Windows mobile. Il est proposé au prix de près de 85 dollars US.

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