Votre nez ? C'est un pic : peut-être. Un cap ? Certainement. Votre carte d'identité ? Assurément

Par 08 mars 2010
Mots-clés : Europe

Reconnaître quelqu’un par le bout de son nez ? C’est aujourd’hui faisable et ce serait même plus simple et rapide que les méthodes traditionnelles de vérification d’identité. Koliakov excepté, bien entendu. Voilà ce qu'explique l’équipe de recherche de l’université du Bath, qu'on pourrait dire qu'elle a du flair. Concrètement, le dispositif est composé d’un système photographique appelé PhotoFace qui scanne les caractéristiques du nez et d’un logiciel qui les analyse. Connu sous le nom de "Photometric Stereo", le procédé est simple : quatre photographies éclairés par un flash sont prises en moins de vingt millisecondes selon des angles d’éclairage différents. Ensuite, le logiciel calcul la pixellisation de la couleur de la peau, l’orientation de l’arrête et la profondeur de chaque point du visage en analysant la trame de fond de chaque image. Pour cela il s’appuie aussi sur trois caractéristiques personnelles du nez plutôt que sur sa forme générale : la courbure et la longueur de l’arrête et les longueurs et largeurs de bout du nez et du point nasal -section situé en haut entre les yeux-. Et ce, selon six types de nez différents : romain, nubien, grec, retourné, mutin et aquilin.

Ce potentiel biométrique du nez est largement inexploité, estime l’équipe de chercheurs. Mais il est un bon identificateur biométrique car il ne change pas en fonction de l’expression du visage - joie, colère, tristesse…-, stipule dans son rapport Adrian Moorhouse, auteur du projet. Associé aux techniques plus familières - empreintes digitales, iris -, il pourrait être utile dans des secteurs divers comme la sécurité, l’identification des criminels… "Le procédé a été testé sur 40 volontaires et étendu à 160 personnes", confie à L’Atelier Adrian Evans, superviseur d’Adrian Moorhouse. "A l’avenir nous envisageons de tester le système sur une plus grande population et dans un environnement naturel", ajoute-t-il. Deux bémols cependant : "il n’est plus efficace après une transformation chirurgicale ou si l’individu porte un voile, comme tout système de reconnaissance biométrique", précise-t-il à L’Atelier. Et, pour être totalement fonctionnel, il faudrait posséder une grande base de données de nez.

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