Pour les non voyants, les lieux s'explorent d'abord en 3D

Par 14 septembre 2009
Mots-clés : Smart city, Moyen-Orient, Europe

L'université de Tel Aviv propose aux aveugles de se familiariser avec un lieu inconnu en le découvrant dans sa version virtuelle. Un joystick fait office de canne blanche et réagit lors de la proximité d'obstacles.

Pour faciliter le déplacement des personnes non voyantes dans des lieux inconnus, l’université de Tel Aviv a mis au point un environnement virtuel. Celui-ci utilise le sens du toucher pour permettre à l'utilisateur de se constituer en amont une carte mentale de l'endroit. Le système est basé sur des cartes 3D du monde réel. L'individu s'y connecte via un joystick qui lui sert d’intermédiaire. En naviguant à travers le monde virtuel, l’utilisateur sent une tension entre ses doigts lorsqu’il rencontre des obstacles : murs, barrières… Il sera ainsi possible aux aveugles de sentir les rues, les trottoirs et les allées en déplaçant le joystick comme s’il s’agissait d’une canne blanche.
Elaborer une carte mentale des lieux
Le système émettra également des sons, à l'approche d'un café par exemple. "Cela permettra de se repérer dans des lieux qu’on ne connaît pas", confirme à l’Atelier Fernando Pinto-Dasilva, président de la commission Nouvelles Technologies de la Cnpsaa*. Mais il modère : "pour l’environnement urbain, les applications existent déjà", explique-t-il."Il faudrait que ces logiciels s’orientent vers une cartographie des bâtiments".Permettant par exemple de savoir comment les salles sont organisées dans un musée, ou pour proposer à un jeune de repérer à l’avance le lycée ou l’école dans lequel il se rendra tous les jours.
Le cap difficile de l’industrialisation
Il met également en garde contre un excès d’enthousiasme : "des systèmes miraculeux, il y en a eu beaucoup. Mais pour que ça devienne intéressant, il faut passer le cap de l’industrialisation". Transposer une technique éprouvée en laboratoire sur un appareil mobile demande de faire face à de nombreuses contraintes. Les objets embarqués doivent être simples d’utilisation et aussi peu encombrants que possible :"Les malvoyants veulent avoir une vie simple et des appareils fonctionnels et discrets". Autre problème, le logiciel israélien s’adresse clairement à des non-voyants. Les malvoyants préfèreront plutôt des systèmes compensant leur handicap. Ce qui réduit d’autant le marché. "En France il n’y a que 200 000 aveugles pour presque 2 millions de malvoyants", confirme Fernando Pinto-Dasilva.
*Comité Nationale pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes

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