Le nouveau visage du consommateur est-il celui de la fin de la propriété ?

Par 06 mars 2013 2 commentaires
freedom from ownership

Les individus ont tendance à moins attendre de l'abondance que la possibilité d'avoir ses produits délivrés où et quand ils veulent, mais surtout en accès illimité. Des concepts qui deviennent plus importants que celui de la possession.

La priorité des commerces du futur, en ligne ou hors-ligne, ne résidera plus tant dans la quantité de produits physiques vendus, mais plutôt dans la manière d'offrir au consommateur un accès illimité à ceux-ci, sans que celui-ci en soit vraiment le propriétaire. En effet, selon Klaus Æ. Morgensen, scientifique et membre du Copenhagen Institute for the Future, "on constate un véritable virage entre la période après guerre où la nécessité était de posséder car les gens avaient connu le besoin, et l'ère numérique qui a appris au consommateur à, non plus posséder, mais accéder". Rencontré hier à l'occasion de la conférence du CIF 'Freedom from Ownership', celui-ci nous a expliqué que si "le 20è siècle était celui de l'hyper-consommation, cette volonté d'accès illimité du consommateur se traduira par un 21è siècle consacré à la consommation collaborative".

L'immobilier et l'automobile déjà délaissés

Et pour appuyer ses propos, il prend pour preuve que la tendance à délaisser la propriété est visible dans deux des secteurs le plus importants pour l'individu lambda : l'immobilier et l'automobile. Ainsi, celui-ci révèle qu'à Copenhague le nombre de locations d'appartement et de maison de plus de 2000 dollars à augmenter de 133% ces dernières années. De même, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou en Chine, le nombre d'achat de nouvelles voitures est en constante baisse. La faute à l'économie actuelle ? Non, d'après Klaus Æ. Morgensen, "ces tendances sont apparues bien avant la crise, et sont amenées à persévérer". Car les consommateurs se tournent de plus en plus vers le partage des biens, comme en témoigne la multiplication des sites proposant ce genre de service. Il cite Taxi², qui permet aux individus de partager un taxi ou Parkatmyhouse, un site de partage de garage entre particuliers. Et ce type de sites s'étend vers d'autres domaines où la possession est plus "intime" comme le partage de vêtement, et la startup Renttherunway. Par ailleurs, Klaus Morgensen envisage même dans l'avenir que le partage de smartphone se développe, un outil d'autant plus personnel.

Une impression de sécurité et de flexibilité

Pour Klaus Æ. Morgensen, ces sites sont l'avenir du commerce et les entreprises devraient dès à présent s'appuyer sur ce genre de concepts pour se préparer à suivre le virage du consommateur collaboratif. Pour celui-ci le principe est amené à perdurer car les avantages pour le consommateur sont nombreux. Du point de vue de l'aspect pratique, "si tout est stocké sur internet, il apparaît un gain d'espace dans les maisons mais également une certaine sécurité car les photos, les documents importants, les films contenus dans le cloud ne peuvent pas brûler, être volés...", explique-t-il. Et puis, on retrouve également une certaine flexibilité et une mobilité. Mais surtout, l'idée de partage donne lieu à un sentiment de communauté dont les internautes ont besoin du fait de la dépersonnalisation lié au numérique. Pour lui, cela devrait se traduire par une nécessité d'offrir des produits plus durables, car moins nombreux, un meilleur développement durable, et des partenariats plus conséquents entre secteurs publics et privés.

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2 Commentaires

La gratuité n'a jamais été aussi payante. Ca change du troc.

Soumis par merillon (non vérifié) - le 18 juillet 2013 à 09h35

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En 2014 que diriez vous d'un petit coup de main ?
Rendez-vous vite sur www.merci-de-rien.com !

Soumis par aymkilaux (non vérifié) - le 06 janvier 2014 à 17h02

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